Affaire Karachi: le parquet refuse de donner aux juges l'audition d'Hortefeux

L'ex-ministre de l'Intérieur était auditionné dans le cadre d'une enquête pour violation du secret professionnel dans le cadre de l'affaire Karachi. Le parquet de Paris devait transmettre le procès-verbal aux juges instruisant le volet financier de cette affaire. 

Le député européen et ex-ministre de l\'Intérieur Brice Hortefeux à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 2 septmebre 2011.
Le député européen et ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 2 septmebre 2011. (CITIZENSIDE / ZAER BELKALAI)

Le parquet de Paris a refusé de transmettre le procès-verbal de l'audition par la police de l'ex-ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, mercredi 7 décembre. Il devait le donner aux juges instruisant le volet financier de l'affaire Karachi.

Les avocats des parties civiles ont dénoncé une "obstruction" dans une lettre au procureur de la République de Paris. Ils protestent devant ce qu'ils considèrent "être une initiative de nature à entraver la manifestation de la vérité s'agissant des faits qui ont conduit Monsieur Thierry Gaubert à tenter de suborner notre cliente". Les avocats jugent "totalement incompréhensible" la décision du parquet.

Une enquête pour violation du secret professionnel

Le parquet a expliqué ce refus par le fait que l'enquête préliminaire pour violation du secret professionnel qu'il avait ouverte n'est pas encore terminée. Brice Hortefeux avait été entendu le 30 septembre dans le cadre de cette enquête, mais s'est publiquement défendu d'avoir eu accès au dossier d'instruction.

Cette enquête préliminaire pour violation du secret professionnel a été ouverte après une conversation téléphonique du 14 septembre au cours de laquelle l'ex-ministre de l'Intérieur avait déclaré à Thierry Gaubert, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy mis en examen  le 21 septembre dans l'affaire Karachi, que son épouse, Hélène de Yougoslavie, "balan[çait] beaucoup". 

Hélène de Yougoslavie avait été interrogée quelques jours plus tôt par l'un des deux juges instruisant le volet financier du dossier Karachi. Elle a plusieurs fois dénoncé les "pressions" de son mari, affirmant qu'il avait eu "des informations très précises" sur sa déposition.