Vidéo "Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?" : le jour où François Fillon a prononcé cette phrase fatale à Sablé-sur-Sarthe

Publié Mis à jour
Complément d'enquête. Bygmalion. "Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?" : la phrase fatale de François Fillon à Sablé-sur-Sarthe
Article rédigé par
France Télévisions

En 2016, Nicolas Sarkozy est rattrapé par l'affaire Bygmalion. L'ancien président est mis en examen pour financement illégal de campagne. En pleine course pour la primaire de la droite, ses ennuis judiciaires donnent des ailes à son rival, François Fillon. Dans son fief de Sablé-sur-Sarthe, celui-ci va prononcer une phrase fatale... Un extrait de "Complément d'enquête" sur "le secret qui a fait exploser la droite".

En 2016, l'affaire Bygmalion rattrape Nicolas Sarkozy : l'ancien président est mis en examen pour financement illégal de campagne. Dès lors, François Fillon, son rival, repart à l'attaque. Alors que se prépare la primaire pour l'élection présidentielle de 2017, Bygmalion est une munition idéale. Dans son fief de Sablé-sur-Sarthe, il s'apprête à prononcer un discours au vitriol...

Pour la première fois, il va attaquer frontalement l'ancien président sur les affaires. "Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs, tance-t-il le 28 août, devant ses supporters. Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable." Avant de porter l'estocade avec cette phrase assassine : "Qui, qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?"

"Terrible, horrible", "Blessant, inutile et dangereux", "C'est une connerie, cette phrase"

Dans le camp de l'UMP, où les journalistes ont recueilli des réactions sidérées pour ce document de "Complément d'enquête", elle n'en finit pas de résonner : "C'est une connerie, cette phrase" (Eric Ciotti) ; "C'est une phrase terrible, horrible. Dans une campagne électorale, on ne tire pas contre son camp" (Jean-Pierre Raffarin) ; "Blessant, inutile, et dangereux. Ça fait beaucoup, pour une formule !" (Brice Hortefeux). Même de fidèles fillonistes comme Gérard Larcher ou Bruno Retailleau sont consternés.

Après son discours, François Fillon savoure ses effets au milieu de ses soutiens. Cette primaire, il "la sent bien", et de fait, il la remportera au mois de novembre suivant... avant d'être lui-même rattrapé par la justice avec le "Penelopegate". "Là où c'est une erreur, analyse aujourd'hui celui qui fut son directeur de campagne, Patrick Stefanini, c'est que pour donner des leçons de morale, il vaut mieux ne pas avoir un petit cadavre dans son placard"… "C'est qu'à ce moment-là, veut croire Roselyne Bachelot, pour lui, rien dans son parcours ne justifie qu'un jour il soit mis en examen. Donc il n'a absolument pas le sentiment de s'exposer".

"Tic-tac, tic-tac, tic-tac... C'est Human Bomb, ce type ! Reste à savoir quand il va exploser"

Si François Fillon croit triompher, les déflagrations ne se feront pas attendre... "C'est Human Bomb, ce type ! Il se met un gilet avec de la TNT partout, et puis devant tout le monde, il dit 'Regardez, j'appuie, boum !' Il ne reste plus qu'à savoir quand il va exploser..." La comparaison est de Jérôme Lavrilleux, celui par qui le scandale Bygmalion a éclaté sur les écrans de télévision. Jean-Pierre Raffarin, lui, voit en Nicolas Sarkozy "un être très sensible". "Une flèche de cette nature, elle touche profond. Et quand il a l'occasion de donner un revers, il donne le revers !"

Extrait de "Le secret qui a fait exploser la droite", un document de Tristan Waleckx, Fabrice Lhomme et Gérard Davet (La Feelgood Company) à voir dans "Complément d'enquête" le 11 mars 2021.

> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS Android), rubrique "Magazines".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.