Financement libyen présumé : Eric Woerth "s’insurge contre la poursuite dont il fait l’objet", rapporte son avocat

Eric Woerth a été mis en examen mardi pour "complicité de financement illégal de campagne" dans le cadre de l'enquête sur un financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, par la Libye de Mouammar Kadhafi.

Eric Woerth, alors ministre du Budget et de la Fonction publique, lors d\'une conférence de presse le 26 septembre 2007.
Eric Woerth, alors ministre du Budget et de la Fonction publique, lors d'une conférence de presse le 26 septembre 2007. (THOMAS COEX / AFP)

Eric Woerth, mis en examen mardi pour "complicité de financement illégal de campagne" dans le cadre de l'enquête sur un financement présumé, par la Libye de Mouammar Kadhafi, de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, "s’insurge contre la poursuite dont il fait l’objet", affirme son avocat dans un communiqué : "Eric Woerth conteste fermement ce raisonnement et s’insurge contre la poursuite dont il fait l’objet, affirmant avec vigueur – ce que le dossier ne contredit pas - qu’il n’a rien à voir avec 'l’affaire libyenne'."

"Cette mise en cause se fonde sur l’identification de sommes en espèces, très faibles pour ne pas dire dérisoires au regard du coût d’une campagne présidentielle. Eric Woerth a d’ailleurs rendu compte de l’origine de ces sommes en évoquant des dons anonymes de soutien", écrit Me Jean-Yves Le Borgne.

Une trentaine de milliers d'euros en liquide

"Il lui est reproché d’avoir remboursé en espèces à des collaborateurs, pendant la campagne, des frais pour moins de 4 000 euros selon le dossier, et d’avoir versé des gratifications, après l’élection, à divers salariés pour un montant, selon l’enquête, de l’ordre de 7 000 euros ; même si Eric Woerth a estimé de mémoire, 10 ans après les faits, à une trentaine de milliers d’euros les gratifications en espèces opérées après la campagne. Est-il raisonnable de rapprocher ces faits, sans aucune preuve, des millions d’euros prétendument versés par Kadhafi ?", s'interroge l'avocat.

Me Le Borgne ajoute que "le parquet de Bordeaux, dans le cadre de l’affaire Bettencourt, dès le 10 mai 2013, estimait prescrit tout éventuel financement illégal de la campagne présidentielle de 2007."

Eric Woerth était trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, en vue de l'élection présidentielle de 2007. Dans un rapport publié en septembre 2017, les enquêteurs avaient souligné l'"ampleur de la circulation d'espèces" dans l'entourage du candidat. Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans ce même dossier, en mars.