Corbeil-Essonnes : Serge Dassault mis en cause par un enregistrement dans une affaire de corruption présumée

Sur ces enregistrements sonores, un homme, identifié comme étant l'ancien maire de la ville par le site d'investigation, reconnaît avoir "sorti" de l'argent. 

Le sénateur UMP Serge Dassault, le 9 janvier 2012, à l\'hôtel Matignon, à Paris.
Le sénateur UMP Serge Dassault, le 9 janvier 2012, à l'hôtel Matignon, à Paris. (MAXPPP)

De nouveaux éléments étayent les soupçons d'achat de votes à Corbeil-Essonnes (Essonne). Mediapart (lien pour abonnés) a révélé, dimanche 15 septembre, des extraits d'un enregistrement clandestin, réalisé fin 2012. On y entend une "conversation accablante" entre deux hommes, dont l'un est présenté par le site d'investigation comme étant Serge Dassault.

L'ancien maire de la commune y admet avoir payé pour s'assurer de la victoire de Jean-Pierre Bechter, l'actuel maire de la ville, écrit Mediapart. "Les deux hommes à l’origine de l’enregistrement se sont fait tirer dessus trois mois plus tard", poursuit le site d'informations. 

Ces éléments viendraient attester de l'existence d'un "système Dassault". Ces accusations de fraudes électorales à l'occasion des municipales de 2010 ont par ailleurs donné lieu à l'ouverture d'une information judiciaire, au mois de mars. 

"Je ne peux plus rien sortir, c'est interdit"

Dans l'un des extraits mis en ligne par Mediapart, "ses interlocuteurs lui réclament leur dû", explique le site. La voix attribuée au sénateur UMP répond alors : "Là, je ne peux plus rien donner. Je ne peux plus rien sortir, c’est interdit. (…) Je suis surveillé. Je suis surveillé par la police." Dans un autre extrait, l'homme leur assure que "l’argent a été donné, complètement. Moi, j’ai donné l’argent. Je ne peux plus donner un sou à qui que ce soit."

Interrogé par le site d'informations, l'actuel maire de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, assure ne jamais avoir évoqué ces enregistrements avec son prédécesseur : "Moi, j’ai été élu sans verser un euro. Je n’ai jamais entendu parler d’achat de voix. Il y avait un magistrat dans chaque bureau de vote", plaide-t-il. Contacté par Mediapart, Serge Dassault n'a pas souhaité réagir.