Législative partielle : Jérôme Cahuzac se cherche un suppléant

L'ancien ministre du Budget a démarché un élu local du Lot-et-Garonne, qui a décliné l'offre.

Jérôme Cahuzac s\'exprime sur BFMTV, le 16 avril 2013.
Jérôme Cahuzac s'exprime sur BFMTV, le 16 avril 2013. (BFMTV / AFP)

Jérôme Cahuzac envisage bel et bien d'être candidat à la législative partielle visant à le remplacer. Il y a quelques jours, l'ancien ministre du Budget a approché Daniel Borie, vice-président (PS) du conseil général du Lot-et-Garonne, pour lui proposer d'être son suppléant au cas où il se présenterait.

"Il est déterminé à aller jusqu'au bout"

Conseiller général PS de Tournon-d'Agenais, Daniel Borie révèle que cette proposition, qu'il a déclinée, lui a été faite le 30 avril, au lendemain du premier tour de la primaire organisée par le PS pour choisir son candidat à cette élection.

A ses yeux, Jérôme Cahuzac espère "que les électeurs lui gardent une part de reconnaissance qui lui permettra de retrouver son siège à l'Assemblée nationale". Et selon lui, l'ancien ministre est "en capacité de recueillir suffisamment de suffrages pour se maintenir au second tour. (…) Il a beaucoup consulté et il est déterminé à aller jusqu'au bout, d'après moi. Il est persuadé que s'il gagne la légitimité, de par les voix des électeurs, sa place serait tout naturellement retrouvée à l'Assemblée nationale. Je suis persuadé à 80% qu'il ira au bout de cette démarche."

Samedi, l'ancien ministre avait fait une visite inattendue au marché de Villeneuve-sur-Lot, ville dont il a été maire, une première apparition publique depuis sa démission. Exclu du Parti socialiste après sa mise en examen pour "blanchiment de fraude fiscale", Jérôme Cahuzac avait déclaré dans un entretien télévisé le 16 avril qu'il était "infiniment peu probable" qu'il revienne en politique. Mais le 30 avril, il avait indiqué au Figaro qu'aucune décision n'était prise sur sa candidature.

"Il veut une rédemption immédiate"

Longtemps directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault, le député Olivier Faure raconte avoir croisé fortuitement Jérôme Cahuzac à Paris, lundi. "Il ne m'a pas dit clairement : 'Je serai candidat'. Il m'a dit : 'Si tu savais l'accueil que j'ai reçu et les gens qui m'encouragent'. Jérôme veut une rédemption immédiate et se considère comme victime d'une forme d'injustice, raconte Olivier Faure au Lab d'Europe 1. Mais dans la vie, on ne s'auto-excuse pas. Il faut qu'il comprenne qu'il ne peut y avoir réhabilitation qu'après condamnation de la justice."

Jérôme Cahuzac a jusqu'au 24 mai à 18h00 pour décider s'il brigue un nouveau mandat, sans étiquette. L'élection aura lieu les 16 et le 23 juin.