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Fabius dément la rumeur de "Libé" selon laquelle il détiendrait un compte un suisse

Selon "Libération", Mediapart s'apprêtait à révéler des preuves que le ministre des Affaires étrangères "détient un ou plusieurs comptes en Suisse".

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France Télévisions
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Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le 4 février 2013 au Quai d'Orsay, à Paris. (MAXPPP)

Laurent Fabius a "démenti formellement", dimanche 7 avril, une "rumeur relayée par Libération" lui "attribuant un compte en Suisse". Le ministre des Affaires étrangères a précisé qu'il avait mandaté son avocat "pour qu'il engage les procédures juridiques permettant de le démontrer et de faire cesser la diffusion de ces informations fausses et calomnieuses". Selon Le Figaro lundi, l'avocat de Laurent Fabius a formellement demandé à des banques suisses (dont le Credit Suisse, l'une des banques citées par la rumeur) de confirmer que le ministre ne possède pas de compte dans leur établissement. 

Acte 1 : Mediapart promet "un scandale républicain"

Quelques jours après les aveux de Jérôme Cahuzac, le site d'informations Mediapart promet d'autres révélations que son fondateur qualifie de "scandale républicain", dans un entretien diffusé dimanche par France Ô. "Mediapart, après cette affaire Cahuzac, va avoir d'autres informations qui vont aller dans ce sens-là et qui vont poser cette question, dont je sais le caractère lourd, il nous faut un sursaut démocratique et social", explique Edwy Plenel.

"On ne peut pas continuer à être dirigés par des gens qui se croient au-dessus des lois qu'ils votent", ajoute-t-il. Prié de dire si la France se dirige vers un "scandale d'Etat", Edwy Plenel répond : "Vers un scandale républicain car c'est toute la République qui est concernée".

Acte 2 : "Libération" évoque une "possible affaire Fabius"  

En une de son édition du 8 avril, le quotidien Libération titre : "Affaire Cahuzac, le cauchemar continue" et écrit qu'"une possible affaire Fabius tétanise l'Elysée". S'en suit un long article (accès payant) qui, sans avancer d'élément donnant à penser que Laurent Fabius détiendrait un tel compte, raconte que Mediapart "explore cette piste".

Selon le quotidien, le journaliste d'investigation Fabrice Arfi – qui a révélé l'affaire Cahuzac – serait en train d'enquêter sur Laurent Fabius. Il aurait contacté le ministre pour le confronter à certains éléments sur un éventuel compte en Suisse. S'il ne produit pas d'élément sur cette enquête, Libération décrit un état de panique générale au sommet de l'Etat : "Plus qu'une affaire, c'est potentiellement une bombe politique. Tout le monde fait le même calcul : si Fabius a effectivement un compte en Suisse, c’est tout le gouvernement qui tombe."

Acte 3 : Mediapart assure que "Libération perd la tête"

Loin de confirmer, Mediapart s'est aussitôt agacé de cette une de Libération"Il n'existe à Mediapart que ce qui est publié sur notre site", prend soin de souligner Fabrice Arfi. 

Même chose pour Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, qui estime que "Libération perd la tête".

Acte 4 : "Libération" vertement critiqué sur Twitter

Outre ceux de Mediapart, de nombreux journalistes d'autres rédactions ont également critiqué sur Twitter le choix éditorial de leurs confrères de Libération.

Acte 5 : "Libération" tente de se justifier

Face à ce torrent de critiques, Libération tente de se justifier, lundi matin. Sur l'antenne d'i-Télé, le directeur adjoint de la rédaction, Sylvain Bourmeau, affirme que l'article en question était "le récit d'une forme de tétanie au sein de l'exécutif""Nous avons appris qu'un journaliste de Mediapart avait vu Laurent Fabius, qui en avait tenu informé l'Elysée, argumente-t-il. Nous n'avons pas fait la une sur cette rumeur mais sur le démenti de Laurent Fabius. La rumeur n'est aucunement une information mais le démenti de celle-ci en est une."

Fondées ou non, ces rumeurs et leur écho médiatique traduisent bien l'ampleur de la crise que traverse le gouvernement après une semaine en enfer. Dans l'entourage du chef de l'Etat, certains voient mal comment sortir de l'impasse. "Ce ne sont pas les mesures de moralisation qui vont changer quoi que ce soit. La population a été ébranlée dans ses profondeurs, il y a aujourd'hui une rupture de confiance avec le monde politique", affirmait ainsi dimanche à l'AFP un de ses conseillers. "Je me souviens du temps où on rêvait d'un quinquennat sans affaires, se lamentait un autre, c'est raté."

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