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Comment Mélenchon souffle sur les braises de l'affaire Cahuzac

Le leader du Front de gauche multiplie les critiques et les phrases cinglantes à l'encontre du gouvernement et de la classe politique dans son ensemble. 

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France Télévisions
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Jean-Luc Mélenchon délivre un discours lors du 3e congrès du Parti de Gauche, le 24 mars 2013 à Bordeaux.  (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Jean-Luc Mélenchon entend bien incarner la colère des militants et des sympathisants de gauche déçus par l'affaire Cahuzac. Déterminé à se remettre en selle, le leader du Front de gauche multiplie les critiques et n'en finit pas de dénoncer la crise politique frappant la majorité moins d'un an après l'élection de François Hollande.

Il radicalise sa rhétorique

Depuis le début de la semaine, Jean-Luc Mélenchon n'y va pas avec le dos de la cuillère. Pour lui, Jérôme Cahuzac est "un salaud", symptôme d'un "esprit de caste", d'une "oligarchie des gens qui se sentent au-dessus des lois, au-desus de tout, qui sont capables de mentir avec un aplomb absolument extraordinaire".

Vendredi, sur France Info, le coprésident du Front de gauche a encore durci son discours, dénonçant un "système qui révèle sa pourriture intrasèque". Selon l'eurdéputé, "la chaîne du mensonge commence au parti socialiste et finit au Front national" et "on ne peut pas accepter que le peuple soit humilié, abaissé". De quoi nourrir son désir de grand "coup de balai" destiné à "purifier l'atmosphère politique insupportable".  

Dans Libération (édition abonnés), Christian Salmon, expert du langage et ancien proche de l'eurodéputé, décrypte son vocabulaire. "J'observe le retour des provocations", analyse le spécialiste pour qui Mélenchon "revient à la vieille rhétorique de la troisième internationale""La langue imagée de sa campagne a cédé la place à un vocabulaire inquisiteur, négatif, culpabilisant." 

Il appelle à manifester

Jean-Luc Mélenchon joint les gestes à la parole : son "coup de balai", il lui a donné une forme, vendredi, en appelant à manifester, le 5 mai prochain à Paris, lors d'une grande "marche citoyenne". La date est on-ne-peut-plus symbolique : il a en effet choisi "le jour anniversaire du deuxième tour de la présidentielle" pour "promouvoir [son] projet de Vie République". "Des milliers de militants socialistes sont meurtris, j'espère qu'ils vont se rapprocher de moi", espère-t-il. 

Son vœu sera (en partie) exaucé : le Front de gauche s'est rallié vendredi dans la soirée à la proposition de son leader. "Le Front de gauche propose à toutes les forces et les personnes qui ont voulu le changement en mai dernier et plus largement au peuple, contre la finance et l'austérité, de participer à une grande marche citoyenne pour la VIe République le 5 mai à Paris", a ainsi fait savoir le FG dans un communiqué.

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