Ayrault "ne croit pas un seul instant" que Moscovici ait couvert Cahuzac

Le Premier ministre, invité de RTL vendredi matin, est revenu sur l'affaire Cahuzac et ses suites.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors d\'une inauguration à Nantes (Loire-Atlantique), le 25 mars 2013.
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors d'une inauguration à Nantes (Loire-Atlantique), le 25 mars 2013. (ALAIN LE BOT / AFP)

"J'ai demandé à Pierre Moscovici en décembre quelles étaient les informations dont il disposait. Il m'a répondu la même chose que ce qu'il a dit hier : il ne savait pas." Jean-Marc Ayrault a pris la défense, vendredi 12 avril, de son ministre de l'Economie et des Finances, accusé dans les colonnes de Valeurs actuelles d'avoir été au fait dès décembre de la fraude fiscale de Jérôme Cahuzac.

Selon l'hebdomadaire de droite, Pierre Moscovici aurait dépêché début décembre des fonctionnaires en Suisse pour enquêter sur les informations de Mediapart. Dans ces conditions, la démarche officielle menée par Bercy en janvier, pour demander à l'UBS si Jérôme Cahuzac disposait d'un compte chez eux entre 2006 et 2012, aurait été, au mieux une démarche hypocrite, au pire une tentative de couvrir le ministre du Budget. Pierre Moscovici a formellement démenti ces allégations et a décidé de porter plainte.

Un retour de Cahuzac à l'Assemblée serait "d'une indécence terrible"

Le Premier ministre lui a apporté son soutien au micro de RTL. "Je ne crois pas un seul instant qu'il ait instrumentalisé l'administration fiscale", a déclaré Jean-Marc Ayrault. Interrogé lui-même sur des soupçons éventuels avant la démission et les aveux du ministre, le chef du gouvernement a affirmé n'avoir eu aucune alerte sur une éventuelle fraude fiscale de son ancien ministre du Budget, notamment au moment de sa nomination.

"Jérôme Cahuzac était un brillant président de la commission des Finances [de l'Assemblée nationale]. On disait 'ce type est compétent'", a expliqué Jean-Marc Ayrault. Quant à l'avenir politique de l'ex-ministre du Budget... "Pour l'honneur de la République et pour le sien, s'il en a, ce serait d'une indécence terrible qu'il remette les pieds à l'Assemblée nationale." Théoriquement, Jérôme Cahuzac peut toujours prétendre à son siège de député du Lot-et-Garonne. Il a jusqu'au 19 avril pour y renoncer.