Procès de Bernard Tapie : le parquet requiert 5 ans de prison ferme contre l'homme d'affaires, jugé pour "escroquerie" après un arbitrage controversé

Trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, ont été requis contre le PDG d'Orange Stéphane Richard, alors directeur de cabinet de la ministre de l'Economie.

Bernard Tapie au Palais de justice de Paris, le 21 mars 2019, lors de son procès.
Bernard Tapie au Palais de justice de Paris, le 21 mars 2019, lors de son procès. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Le parquet a requis 5 ans de prison ferme contre Bernard Tapie, au procès de l'affaire de l'arbitrage controversé mis en place en 2008 pour solder un contentieux lié à la vente d'Adidas. Jugé pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics", l'homme d'affaires encourt jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende. Le jugement sera connu dans plusieurs semaines.

Il est reproché au sulfureux homme d'affaires et à son ancien avocat Maurice Lantourne d'avoir organisé un arbitrage "truqué", en concertation avec l'un des trois membres du tribunal arbitral, le haut magistrat Pierre Estoup, pour solder le feuilleutonesque et tentaculaire contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, lié la revente d'Adidas dans les années 1990.

Un arbitrage très favorable à Tapie

Le 7 juillet 2008, le trio d'arbitres avait octroyé 403 millions d'euros à l'ex-patron de l'Olympique de Marseille, dont 45 millions - une somme inédite - pour son préjudice moral. Elle a depuis été annulée au civil pour "fraude" et M. Tapie a été définitivement condamné à rembourser les sommes perçues, dont le montant est contesté.

L'absence de recours contre cette décision avait valu fin 2016 à l'ex-ministre de l'Economie Christine Lagarde d'être condamnée - mais dispensée de peine - par la Cour de justice de la République pour "négligence" ayant permis le détournement de fonds publics.

Son ancien directeur de cabinet, l'actuel PDG d'Orange Stéphane Richard, est jugé au côté de Bernard Tapie pour s'être rendu complice d'une "escroquerie" en faisant peser en faveur d'un arbitrage. Une peine de trois ans d'emprisonnement, dont 18 mois ferme, a été requise contre lui.