Maintien de Stéphane Richard à la tête d'Orange : l'Etat tranchera lundi

Le PDG de l'opérateur téléphonique a été mis en examen mercredi pour "escroquerie en bande organisée" dans l'affaire Tapie-Crédit lyonnais.

Le PDG d\'Orange, Stéphane Richard, à Paris, le 9 avril 2013.
Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, à Paris, le 9 avril 2013. (MAXPPP)

La décision "sera prise en fonction d'un seul critère, l'intérêt de l'entreprise, de ses salariés et de ses clients". Interrogé vendredi 14 juin sur le maintien ou non à la tête d'Orange de Stéphane Richard, François Hollande a indiqué qu'un conseil était prévu lundi avec les administrateurs du groupe. La position de l'Etat sur cette question sera rendue publique dans la foulée, selon le président de la République.

Pourquoi Stéphane Richard risque-t-il de perdre sa place?

Stéphane Richard, PDG d'Orange, a été mis en examen mercredi pour "escroquerie en bande organisée" par les juges saisis de l'affaire Tapie-Crédit lyonnais.

En 2007, alors qu'il était directeur de cabinet la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, il avait donné son feu vert à la décision de recourir à un arbitrage privé pour régler le contentieux persistant entre l'homme d'affaires et la banque sur la revente d'Adidas dans les années 90. Ce tribunal arbitral avait fini par accorder 403 millions d'euros à Bernard Tapie. 

Depuis sa mise en examen, le gouvernement et la classe politique s'interrogent sur son avenir à la tête de l'opérateur téléphonique, l'un des plus grands d'Europe, qui réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 40 milliards d'euros et compte 170 000 salariés.

Quel rôle a l'Etat au sein du conseil d'administration d'Orange ? 

Dès mercredi soir, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, s'était exprimé sur la question, affirmant que les représentants de l'Etat au Conseil d'administration (3 sur 15 administrateurs) "se détermineraient par rapport au seul intérêt de l'entreprise". 

De leur côté, les services du Premier ministre Jean-Marc Ayrault avaient annoncé que le conseil d'administration de l'opérateur téléphonique, dont l'Etat contrôle 27%, se réunirait "dans les prochains jours" pour "faire le point" et "décider des conséquences à tirer".

 Stéphane Richard est-il soutenu au sein de l'entreprise ?

Stéphane Richard est présenté comme un patron plutôt apprécié. Interrogés par Le Monde, les employés défendent tous leur dirigeant. "On nous donne un coup sur la tête, on veut notre peau ou quoi ?" "On aimerait bien ne pas être les otages de la politique." "Notre dirigeant a réussi à modifier les pratiques du management", assurent-il. 

Fait plutôt rare en de telles circonstances, le patron d'Orange a reçu ces derniers jours le soutien de plusieurs organisations syndicales. La CFE-CGC et la CFDT ont invité au respect de la présomption d'innocence. FO s'est dite "inquiète des déclarations d'Arnaud Montebourg" sur son éventuelle démission, appelant à ne pas déstabiliser l'entreprise. La CGT, elle, ne s'est pas exprimée.

La fédération SUD télécommunications, de son côté, a estimé mercredi que la mise en examen de Stéphane Richard pouvait difficilement être "compatible avec la direction de l'entreprise", en précisant ne "pas se réjouir" de l'éventuel départ de celui qui "a mis fin à la grave crise sociale".