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Le PS veut une commission d'enquête sur le rachat de "La Provence"

Les députés invoquent des "choses troublantes". Bernard Tapie parle, lui, de "tartufferie".

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France Télévisions
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Le siège du journal "La Provence", à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 20 décembre 2012. (JEAN-PAUL PELISSIER/REUTERS)

"Des choses troublantes." C'est ainsi que les députés PS justifient leur décision, prise mercredi 16 janvier lors d'une réunion de groupe, de demander une commission d'enquête parlementaire sur les mécanismes ayant conduit au rachat par Bernard Tapie des titres du Groupe Hersant Médias (GHM), dont le journal La Provence.

"Le principe d'une commission d'enquête a été acté. Il n'a pas fait l'objet d'un vote mais n'a pas suscité d'opposition. Ce n'est pas un procès de Bernard Tapie, mais c'est le rôle du Parlement d'essayer de comprendre les mécanismes ayant conduit le groupe Hersant dans cette situation et les termes de la cession, car il y a des choses troublantes", a précisé le groupe PS. Une résolution qui intervient alors que le tribunal de commerce de Paris a homologué, lundi, la reprise des titres de GHM par Bernard Tapie et la famille Hersant.

La demande devrait être déposée d'ici à la fin du premier trimestre "au Bureau de l'Assemblée nationale avant d'être soumise au vote de l'Assemblée nationale", indique Le Monde. Lors de ses vœux à la presse lundi, le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, s'était dit "favorable" à une commission d'enquête sur le rachat par l'ancien président de l'OM des journaux du pôle sud de GHM. Cette demande avait été formulée par le député PS des Bouches-du-Rhône Patrick Menucci à la veille de Noël.

Des manœuvres "limitant la concurrence" ?

Dans un courrier adressé à Bruno Le Roux, l'élu faisait notamment allusion à la situation financière de GHM, qui s'apprête à investir 25 millions d'euros dans ce rachat des titres du Sud (La Provence, Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin) et de l'outre-mer. L'opération était soumise à un accord entre le groupe, les repreneurs et 17 banques créancières, dont la BNP, à qui GHM doit déjà 215 millions d'euros.

A l'époque, l'élu avait estimé qu'une éventuelle commission d'enquête parlementaire devrait se pencher sur d'éventuelles manœuvres qui, "limitant la concurrence, ont fait diminuer le prix d'acquisition". Le 24 décembre, le directeur général de GHM, Dominique Bernard, avait dénoncé de son côté "les affirmations contraires à la réalité" du député socialiste, témoignant selon lui "d'une profonde méconnaissance du dossier". Il estimait que Patrick Menucci cherchait à "jeter un doute sur une solution qui est la seule à garantir l'intégrité de groupe et la pérennité de ses titres", rappelle Le Monde.

Une "tartufferie", affirme Bernard Tapie

Bernard Tapie souhaitait "que la clarté soit faite sur le rôle de chacun", selon le quotidien. Mais l'homme d'affaires a estimé, mercredi, que la commission d'enquête parlementaire décidée par les députés PS "est une tartufferie".

"On parle de commission d'enquête, mais c'est faux, a-t-il affirmé à l'AFP, très agacé. Il s'agit en fait d'une simple mission d'information. Il n'y aura aucune enquête. On se fout du monde."

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