Bernard Tapie relaxé : "Il était très ému, il y croyait", selon son ami Franz-Olivier Giesbert

Le journaliste et ami proche de Bernard Tapie a pu joindre ce dernier mardi matin après l'annonce de sa relaxe.

Franz-Olivier Giesbert, sur le perron de l\'Elysée, le 17 décembre 2013, à Paris.
Franz-Olivier Giesbert, sur le perron de l'Elysée, le 17 décembre 2013, à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

Franz-Olivier Giesbert journaliste et ami proche de Bernard Tapie, a pu le joindre ce mardi matin après l'annonce de sa relaxe au tribunal correctionnel de Paris. Sur franceinfo, il rapporte que Bernard Tapie "était très ému", que c'était la preuve, pour lui, qu'il y avait "une justice en France".

franceinfo : Vous avez pu le joindre ces dernières minutes ?

Franz-Olivier Giesbert : Oui, il était très ému, mais en même temps je l’ai trouvé serein. Dans les dernières semaines, quand on parlait du jugement, il y croyait ; moi franchement je n'y croyais guère. Ces premiers mots : "T'as vu, t'as vu, t'as vu, c'est historique !" Il n'était pas surpris, c'est ça qui m'a frappé. On avait le sentiment qu’au fond de lui, il y croyait, car il croyait encore à la justice.

Que vous a-t-il dit d’autre ?

Il m'a dit que c'est la preuve qu'il y a une justice en France. Je pense que cette affaire depuis le départ est une fausse affaire, une honte. C’est un montage qui a été fabriqué par des magistrats et des journalistes de mèche et ultra politisés. Ils nous ont inventé une histoire comme quoi il y aurait eu un faux arbitrage, où il y avait des personnalités aussi incontestables que Pierre Mazeaud et Jean-Denis Bredin qui ont été traitées plus bas que terre. (...) Bernard Tapie a été sali, calomnié, diffamé pendant des années et des années par la presse, par les magistrats. Et en fait, c’est un dossier dans lequel il n’y avait rien.

La justice est-elle passée ?

C’est ce qui apparaît dans le procès et la présidente de la 10e chambre va dans ce sens-là. C’est historique. Il y a quelque chose d’extraordinaire, de courageux de sa part d’aller dans le sens inverse du conformisme, de la doxa, de ce qu’il fallait dire, de ce que disait une grande partie des journaux depuis déjà des années.

Le parquet peut encore faire appel. Bernard Tapie y est-il prêt ?

Evidemment, que le parquet va faire appel, ce n’est pas une éventualité, il le fera. Ce sera très difficile de revenir en arrière parce qu’il y a une vérité qui est apparue pendant le procès : c’est une guerre à mort contre Bernard Tapie depuis des années, comme si l’Etat voulait lui faire rendre gorge. C’est extraordinaire, ce qui se passe là. On a une justice en France extrêmement politisée. On le voit bien sur ces affaires politiques, c’est une justice à deux vitesses et qui n’attaque toujours que d’un côté et pas de l’autre. Là, on a enfin une justice équilibrée.

Vous avez eu Bernard Tapie quelques minutes après l’énoncé du jugement du tribunal correctionnel de Paris. Comment va-t-il ?

Pas très bien, mais il tient. Si on avait envie de prendre des comparaisons mythologiques, c’est une sorte de Sisyphe, un incroyable Prométhée. Il se remet tout le temps, il se bat. Il y a des hauts et des bas, il y a une période un peu difficile avec une chimio qui s’est mal passée, mais avec lui, on est toujours optimiste parce que c’est quelqu’un qui est toujours dans la bataille et qui, même quand ça ne va pas, a envie de se battre. J’ai été frappé par sa relative quiétude, son optimisme. Ce procès lui apparaissait comme rassurant parce que tout ce qui a été raconté dans les journaux sur cette affaire était faux. Il y a eu un grand mensonge général.