Affaire Tapie : Lantourne assure n'avoir jamais sollicité Pierre Estoup

Deux courriers adressés en 2006 par l'avocat de l'homme d'affaires au juge-arbitre Pierre Estoup contredisent les déclarations de ces derniers sur leurs liens avant l'affaire.

Bernard Tapie lors de son interview sur iTélé, le 10 juillet 2013.
Bernard Tapie lors de son interview sur iTélé, le 10 juillet 2013. (FRED DUFOUR / AFP)

Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie dans la procédure judiciaire liée à la vente d'Adidas, a-t-il minimisé les liens qui l'unissaient avant cette affaire à Pierre Estoup, l'un des juges-arbitres, décisif dans l'arbitrage du litige entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais ? Deux nouveaux documents, révélés par Le Monde lundi 29 juillet, semblent l'indiquer.

Il s'agit de deux lettres, adressées par l'avocat au juge Pierre Estoup en 2006, soit deux ans avant la décision finale de la procédure d'arbitrage, rendue en 2008. Selon Le Monde, Maurice Lantourne y évoque en détail le litige opposant son client au Crédit lyonnais. Et ce alors même qu'il a affirmé en 2008 n'avoir "jamais consulté monsieur" sur cette affaire, voulant ainsi lever les soupçons de connivence qui pesaient déjà sur les deux hommes. 

L'arbitrage controversé a accordé, en 2008, 403 millions d'euros à Bernard Tapie pour solder son litige avec le Crédit lyonnais. 

Tapie et Lantourne maintiennent leurs versions des faits

Interrogé par BFMTV, l'homme d'affaires s'est défendu en déclarant que "98,5% de ce qui est écrit [dans ces deux courriers] est bidon".

Interrogé par Le Monde, Maurice Lantourne a appelé à "la plus grande prudence sur les documents saisis, qui ne sont parfois que des projets de lettres""Je maintiens n'avoir jamais demandé à monsieur Estoup de travailler en 2006 sur ce dossier", aurait-il ajouté. Maurice Lantourne et Pierre Estoup ont tous les deux été récemment mis en examen pour "escroquerie en bande organisée" dans cette affaire, aux côtés de Bernard Tapie.

Mardi, Maurice Lantourne a répété sur Europe 1 n'avoir "jamais sollicité M. Estoup pour faire des consultations ou donner des avis juridiques" avant la procédure d'arbitrage. "Il faudrait d'abord vérifier que ces projets de courrier ont été adressés. Je confirme, et j'insiste sur ce point, qu'il n'y a jamais eu de demande d'intervention, de consultation de M. Estoup avant cet arbitrage. Je n'ai jamais eu en mains une consultation, ni moi, ni les liquidateurs, ni M. Tapie", a encore insisté l'avocat de l'homme d'affaires.

Le conseil de Pierre Estoup a de son côté indiqué ne pas avoir eu connaissance de ces lettres. Il a toutefois estimé que, quelles qu'elles soient, elles ne changeraient rien au fond du dossier, le délit d'escroquerie en bande organisée n'étant, selon lui, pas caractérisé. "La seule chose que je sache c'est qu'en son âme et conscience, monsieur Estoup a estimé qu'il pouvait prendre la charge de cet arbitrage."