Affaire Tapie : Claude Guéant placé sous le statut de témoin assisté après son audition par les juges

"Les magistrats instructeurs ont considéré qu'il n'y avait pas lieu de le mettre en examen", s'est félicité l'avocat de l'ancien secrétaire général de l'Elysée.

Claude Guéant, le 27 mai 2012, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Claude Guéant, le 27 mai 2012, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). (THOMAS SAMSON / AFP)

A nouveau entendu dans l'enquête sur l'arbitrage Tapie, l'ancien ministre Claude Guéant a été placé sous le statut de témoin assisté à l'issue de son audition, mercredi 14 octobre, a indiqué son avocat. "Les magistrats instructeurs ont considéré qu'il n'y avait pas lieu de le mettre en examen, il bénéficie donc du statut de témoin assisté, ce qui fait qu'il n'est aujourd'hui pas mis en cause dans ce dossier", s'est félicité Philippe Bouchez El Ghozi.

Ancien ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant était secrétaire général de l'Elysée à l'époque de l'arbitrage controversé, qui a soldé en 2008 le litige opposant Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la revente d'Adidas. Lors de son audition, il a expliqué qu'en tant que secrétaire général de l'Elysée, "il s'était borné à se tenir informé de ce recours à l'arbitrage", selon son avocat.

Les juges ne suivent pas les réquisitions du parquet

Le 22 juin, le parquet de Paris avait requis sa mise en examen pour complicité de détournements de fonds publics commis par un particulier. Mais les juges n'ont pas suivi ces réquisitions, et l'ont placé sous le statut de témoin assisté, à mi-chemin entre le simple témoin et le mis en examen.

Six personnes ont été mises en examen dans le volet non-ministériel de ce dossier, où les juges soupçonnent un "simulacre d'arbitrage" et s'interrogent notamment sur les liens entre Bernard Tapie et l'un des ex-juges du tribunal arbitral. La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances à l'époque des faits, a aussi été mise en examen dans le volet ministériel du dossier, mais un non-lieu a été requis en sa faveur.