Affaire Karachi : le renvoi d’Edouard Balladur et François Léotard devant la Cour de justice de la République "est une satisfaction pour les familles" des victimes

Me Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi, estime que c'est "une décision logique" et loue "la pugnacité de ces familles qui ont osé déposer cette plainte".

Edouard Balladur, premier ministre et François Leotard, ministre de la Défense, le 15 novembre 1994. 
Edouard Balladur, premier ministre et François Leotard, ministre de la Défense, le 15 novembre 1994.  (PATRICK KOVARIK / AFP)

Le renvoi d’Edouard Balladur et François Léotard devant la Cour de justice de la République "est une satisfaction pour les familles" des victimes et "une décision logique", a réagi Me Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi, contacté par France Bleu Cotentin ce mardi 1er octobre."Sans la plainte des familles, il n’y aurait ni procès devant le tribunal correctionnel, ni procès devant la Cour de justice de la République (...)", a ajouté l'avocat.

Nous attendons maintenant que la justice puisse aller jusqu’au bout dans cette mise en œuvre de la recherche de la vérité et de prendre les décisions qui s’imposentMe Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachià France Bleu Cotentin

L'avocat des familles des victimes rappelle l'historique de la plainte. "Quand nous avons déposé cette plainte en 2009, il y a maintenant 10 ans, tout le monde se moquait des familles. Le procureur de la République de Paris en personne, alors que Nicolas Sarkozy était président de la République, avait fait établir un communiqué de presse pour indiquer que tous ces faits étaient prescrits et qu’ils ne pouvaient être jugés.", explique Me Olivier Morice.

"Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec différents protagonistes qui étaient des directeurs de cabinet d’Edouard Balladur et de François Léotard, Nicolas Bazire et Renaud Donnedieu de Vabres, qui sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris et en même temps, l’ancien Premier ministre Edouard Balladur et François Léotard qui vont être jugés devant la Cour de justice de la République. Cela démontre l’état de déliquescence à l’époque des mœurs qui existaient", a affirmé l'avocat

"Les pressions étaient importantes"

"On ne peut que louer la pugnacité de ces familles qui ont osé déposer cette plainte qui visait directement Edouard Balladur et François Léotard, lorsque le président Nicolas Sarkozy était au plus haute fonction en 2009, a salué Me Olivier Morice, qui explique que "Les pressions étaient importantes, nous les avons subis mais nous avons maintenus notre position et il y aura bien deux procès dans cette affaire". Cela "démontre la pertinence de ce que nous dénoncions à l’époque", a-t-il salué.

Me Olivier Morice souhaite que le procès devant la Cour de justice de la République se tienne le plus rapidement possible, puisque Edouard Balladur, 90 ans, est aujourd’hui "d’un âge respectable".

L’ex-Premier ministre Edouard Balladur et son ancien ministre de la Défense François Léotard sont soupçonnés d’être impliqués dans un possible système de rétro-commissions illégales sur des ventes de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie saoudite, lorsqu’ils étaient au gouvernement entre 1993 et 1995. Ces rétro-commissions révélées dans l’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002 auraient pu servir au financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.