Affaire Karachi : l'ancien ministre de la Défense François Léotard mis en examen

Le volet ministériel de l'affaire Karachi porte sur des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

L\'ancien ministre François Léotard, le 10 janvier 2017 à Paris, à l\'occasion du 40e anniversaire du Centre Pompidou.
L'ancien ministre François Léotard, le 10 janvier 2017 à Paris, à l'occasion du 40e anniversaire du Centre Pompidou. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

L'ancien ministre de la Défense François Léotard, 75 ans, a été mis en examen pour complicité d'abus de biens sociaux par la Cour de justice de la République dans le volet ministériel de l'affaire Karachi qui porte sur des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, a appris franceinfo, mardi 18 juillet, confirmant une information du Canard enchaîné.

Selon l'hebdomadaire satirique, les enquêteurs se demandent si l'ancien maire de Fréjus, entendu le 4 juillet par la commission d'instruction de la CJR, n'a pas cherché "à se constituer un trésor de guerre en vue de la présidentielle de 2002" dans la vente de sous-marins au Pakistan en 1994.

Edouard Balladur déjà mis en examen

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur a été lui aussi mis en examen fin mai dans cette affaire. En juin 2014, les juges d'instruction ont décidé de renvoyer six protagonistes présumés en correctionnelle. Il s'agit de Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller spécial au cabinet François Léotard, entre 1993 et 1995 ; deux proches d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire, qui fut son directeur de cabinet, et Thierry Gaubert ; Dominique Castellan, ancien PDG de la Direction des Constructions Navales, l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine et un autre intermédiaire en armement.

Les magistrats ont acquis la conviction que la campagne d'Edouard Balladur, devancé par Jacques Chirac, l'autre candidat de la droite en 1995, a été financée par des rétrocommissions illégales sur des contrats de sous-marins vendus au Pakistan et de frégates destinées à l'Arabie Saoudite. Une des hypothèses envisagées est que la fin du versement des commissions, ordonné par Jacques Chirac devenu président de la République, est à l'origine de l'attentat de Karachi qui a coûté la vie à 15 personnes, dont 11 ouvriers français de la Direction des Constructions Navales, en 2002.