Affaire Karachi : "Je crois encore qu’un jour je vais approcher de la vérité", espère la veuve d’un ingénieur de la DCN

L'annonce du renvoi d’Edouard Balladur et François Léotard devant la Cour de justice de la République redonne espoir à Annick Le Saux, la veuve d'un ingénieur retrouvé mort en 1998 dans les locaux de la Direction des chantiers navals, près de Nantes. 

 Image aerienne de la DCN d\'Indret (44), en 2014.
 Image aerienne de la DCN d'Indret (44), en 2014. (FRANCK DUBRAY / MAXPPP)

"On va reparler des rétro-commissions, je crois encore qu’un jour je vais approcher de la vérité", a déclaré mardi 1er octobre, au micro de France Bleu Loire-Océan, Annick Le Saux, veuve d'André Rigault, un ingénieur retrouvé mort en 1998 dans les locaux de la Direction des chantiers navals près de Nantes, après l'annonce du renvoi devant la justice d'Edouard Balladur et de François Léotard pour "complicité d'abus de biens sociaux" dans le volet financier de l'affaire Karachi. 

"Il n'est pas mort dans l'attentat [qui a coûté la vie à 15 personnes dont onze Français de la DCN, à Karachi en 2002], souligne Annick Le Saux. Il est mort à Indret (Loire-Atlantique), il travaillait sur le projet Mesma qui équipait les sous-marins Agosta qui ont été vendus au Pakistan. L’armée a dit qu’il s’était suicidé, pour moi il a été tué", a-t-elle dénoncé. 

Demande de la levée du secret-défense

Annick Le Saux a toujours pensé qu’il y avait un lien direct entre la mort de son mari et l’affaire de Karachi. "On va reparler des rétro-commissions, je pense que la mort d’André est liée à toute cette affaire. Quelques jours après sa mort, les Pakistanais étaient à Indret", raconte la veuve. Après 21 ans d'attente, Annick Le Saux demande toujours la levée du secret-défense et réfléchit à se porter partie civile au procès Balladur-Léotard.

Je crois encore qu’un jour je vais approcher de la vérité.Annick Le Saux, veuve d'André Rigaultà France Bleu Loire-Océan

"Cela fait 21 ans que mon compagnon est décédé mais pour moi c’était hier. Je n’ai jamais baissé les bras, jamais, je suis resté en vie pour ça", témoigne la Nantaise.

L’ex-Premier ministre Édouard Balladur et son ancien ministre de la Défense François Léotard sont poursuivis devant la Cour de justice de la République dans l’affaire Karachi. Les deux hommes sont soupçonnés d’être impliqués dans un possible système de rétro-commissions illégales sur des ventes de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie saoudite, lorsqu’ils étaient au gouvernement entre 1993 et 1995. Ces rétro-commissions auraient pu servir au financement de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995.