Harcèlement sexuel : un traumatisme difficile à dénoncer pour les victimes

Une femme sur cinq est confrontée au harcèlement sexuel sur son lieu de travail. Et rares sont les victimes à oser en parler.

FRANCE 2

Au lendemain des révélations de harcèlement sexuel dans l'affaire Baupin, plusieurs langues se délient. D'autres femmes dénoncent les agissements d'hommes politiques. Selon les statistiques, une femme sur cinq y est confrontée dans le monde professionnel.

Certaines victimes parlent, d'autres non. En 2009, Aline Rigaud, stagiaire à la mairie de Villefranche-sur-Saône (Rhône), a subi les agissements d'un adjoint du maire. "Je n'étais qu'un objet sexuel", confiait-elle à France 2 en 2013. Cinq ans après les faits, le harceleur - qui a toujours nié - fut condamné à un mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende pour agression sexuelle. Depuis cette époque, la loi a été clarifiée selon Pierre Mury, avocat d'Aline Rigaud : "Des propos humiliants, rabaissant, des textos, des propos obscènes de manière répétée suffisent à caractériser un harcèlement sexuel".

"Peur parce que c'était le patron"

Une autre ancienne employée de mairie témoigne anonymement de la crainte qu'elle éprouvait à dénoncer le maire harceleur : "Je me disais 'il va me virer et je vais me retrouver dehors avec mes gamins'. J'avais très peur de ça. Peur parce que c'était le patron".

Le docteur Charles Peretti, chef des services de psychiatrie des hôpitaux Saint-Antoine et Tenon, explique que les victimes "ont honte". "Elles pensent que si ça leur arrive, c'est peut-être qu'elles l'ont cherché. D'ailleurs, le harceleur va jouer là-dessus. Ça entraîne un effondrement, plus qu'une baisse de l'estime de soi, des éléments dépressifs, des idées suicidaires, des crises d'angoisse, des troubles du sommeil", détaille-t-il. Dans 40% des cas, le harceleur est un collègue. Dans 18% des cas, c'est le patron lui-même.

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