Affaire Bruno Le Roux : le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée

L'enquête est menée par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OLCLIFF).

Bruno Le Roux, alors président du groupe socialiste, arrive au perchoir de l\'Assemblée nationale, le 25 novembre 2015.
Bruno Le Roux, alors président du groupe socialiste, arrive au perchoir de l'Assemblée nationale, le 25 novembre 2015. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le parquet national financier annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire visant le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, mardi 21 mars, au lendemain des révélations de l'émission "Quotidien" sur l'emploi de ses deux filles comme collaboratrices parlementaires, notamment lorsqu'elles étaient lycéennes puis étudiantes.

Le PNF évoque "les faits dénoncés", sans les caractériser davantage. L'enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Selon l'émission "Quotidien", Bruno Le Roux a employé ses filles en CDD entre 2009 et 2016, pour un montant total de 55 000 euros. Elles n'avaient, lors des premiers contrats, que 15 ou 16 ans.

Le ministre de l'Intérieur sous pression

Certains CDD ont pu avoir lieu en même temps que des stages en entreprise ou sur le temps universitaire, à l'été 2013 pour l'une des filles, vingt jours en mai 2015 pour l'autre, affirme l'émission de Yann Barthès. Dans le reportage, le ministre reconnaît leur embauche ponctuelle alors qu'il était député de Seine-Saint-Denis, "sur des étés, notamment, ou des périodes de vacances scolaires" mais se défend d'un "amalgame" avec l'affaire Fillon, parlant "d'un boulot d'été auprès d'un parlementaire".

"Un parlementaire ne doit pas utiliser son crédit collaborateurs pour donner de l'argent de poche à ses enfants", a fustigé l'association anticorruption Anticor. "Lorsqu'on est attaché à l'autorité de l'Etat, on est impeccable face aux institutions et aux règles qui les régissent", a lancé le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, sans toutefois évoquer directement la polémique. François Hollande a reçu Bruno Le Roux en début d'après-midi, en présence de Bernard Cazeneuve. Sous pression, le ministre de l'Intérieur devait faire une déclaration à 18 heures.