Procès Balkany : une première journée sans Isabelle Balkany, la demande de report rejetée

Eric Dupond-Moretti, avocat du maire de Levallois-Perret, a également demandé lundi au président de la chambre de se déporter, en lui reprochant des déclarations de 2017 sur la fraude fiscale. 

Le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany arrive au tribunal, le 13 mai 2019 à Paris, avec son avocat Eric Dupond-Moretti (à gauche).
Le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany arrive au tribunal, le 13 mai 2019 à Paris, avec son avocat Eric Dupond-Moretti (à gauche). (BERTRAND GUAY / AFP)

Le premier jour du procès pour fraude fiscale et blanchiment de Patrick et Isabelle Balkany a été bref, lundi 13 mai, puisqu'il a abordé essentiellement des questions procédurales. Au terme d'une enquête ouverte en 2013, le couple est accusé de "blanchiment à grande échelle" entre 2007 et 2014. Il lui est reproché d'avoir dissimulé au fisc des revenus et un patrimoine "occultes", à hauteur "au minimum" de 13 millions d'euros.

Patrick Balkany, 70 ans, est arrivé sans dire un mot, escorté par ses avocats sous une nuée de caméras et dans le crépitement des flashs. Il a pris place au premier rang d'une salle comble, seul, car son épouse et les quatre autres prévenus étaient absents, dont leur fils Alexandre. Les questions abordées ont été essentiellement procédurales.

Isabelle Balkany absente au premier jour

Isabelle Balkany était absente après sa "tentative de suicide (...) il y a quelques jours", a précisé son avocat Pierre-Olivier, qui a formulé d'emblée une demande de report du procès. Dans une lettre lue à l'audience, Isabelle Balkany évoque un "choc émotionnel provoqué par une médiatisation outrancière et dévoyée" de l'affaire. L'avocat de Patrick Balkany, Eric Dupond-Moretti, a ajouté que son client avait "envie d'être auprès de sa femme" et qu'un procès sans elle n'avait pas de sens. "C'est un couple, un couple en politique aussi. Elle sans lui, lui sans elle, cela n'a pas de sens."

Ses avocats ont également plaidé pour le renvoi du procès théoriquement prévu pour six semaines. Le tribunal s'est retiré pour délibérer un peu avant 15 heures, avant de décider du maintien du procès.

Eric Dupond-Moretti cible le président de l'audience

Les avocats de Patrick Balkany ont par ailleurs demandé le dépaysement de l'affaire, Eric Alt, l'un des responsables des associations parties civiles Anticor et Sherpa, étant par ailleurs magistrat au TGI de Paris – juge départiteur aux Prud'hommes. La défense a également critiqué le calendrier de l'audience, qui prévoit de juger la fraude fiscale avant le blanchiment, un ordre qu'elle conteste.

Enfin, Eric Dupond-Moretti a également demandé au président de l'audience, Benjamin Blanchet, de se déporter, lui reprochant d'avoir déclaré, en 2017, au sujet de la lutte contre la fraude fiscale : "Vous avez dit, à l'époque : 'La lutte contre la fraude fiscale est un enjeu majeur de l'action gouvernementale'. On pourrait lire ça sous la plume d'un préfet, pas d'un juge." L'avocat a rappelé que le président de la 32e chambre avait déjà pris une décision à l'encontre d'un député du sud pour des faits de "fraude fiscale" en 2017.

L'intéressé a fait savoir qu'il ne comptait pas se déporter et que l'avocat devrait donc déposer une demande de récusation. Xavier Normand-Bodard, qui représente l'Etat dans le procès Balkany, a lui rappelé que la lutte contre la fraude fiscale avait même "valeur constitutionnelle".