Nicole Belloubet juge "choquant" qu'Isabelle Balkany remplace son mari, condamné, à la mairie de Levallois

La ministre de la Justice s'exprimait au micro du "Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro, ce dimanche 15 septembre. Patrick Balkany, condamné pour fraude fiscale, est détenu à la prison de la Santé depuis vendredi.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet à la sortie du Conseil des ministres à l\'Elysée, le 11 septebre 2019 à Paris.
La ministre de la Justice Nicole Belloubet à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 11 septebre 2019 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

A la mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Isabelle Balkany a pris la place de Patrick Balkany. L'épouse a succédé à son mari, condamné et incarcéré pour fraude fiscale vendredi 13 septembre, alors qu'elle a elle-même été jugée coupable. En la matière, la municipalité a appliqué les règles en vigueur, puisque Isabelle Balkany est aussi la première adjointe de Patrick Balkany. Pour autant, la ministre de la Justice désapprouve cette situation. Nicole Belloubet s'est expliquée au micro du "Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro, dimanche 15 septembre.

"La règle de droit s'applique ainsi", a admis la garde des Sceaux, ajoutant : "On peut trouver que c'est choquant du point de vue politique." Et d'insister : "Je trouve que c'est choquant, mais comment faire ?" 

Etre incarcéré pour fraude fiscale "n'est pas exceptionnel"

La ministre a par ailleurs jugé qu'il serait "curieux" que Patrick Balkany, qui a fait appel de sa condamnation et a déposé une demande de remise en liberté, brigue à nouveau la mairie de Levallois-Perret lors des élections municipales de 2020. "Il y aurait une forme d'incohérence évidemment. Les électeurs jugeront", a-t-elle souligné. "Ayant fait l'objet d'une telle condamnation, ce serait curieux."

Face aux critiques suscitées par cette décision, Nicole Belloubet a en outre estimé que l'incarcération de Patrick Balkany dans la foulée de sa condamnation n'avait rien d'extraordinaire. "Ce n'est pas exceptionnel, cela arrive" en matière de fraude fiscale, a assuré la ministre. "Les magistrats sont libres des choix qu'ils font et le mandat de dépôt n'est pas une exception, a-t-elle poursuivi. C'est une priorité pour les magistrats et pour la société parce que nous savons bien que c'est là que se joue la démocratie, c'est dans la confiance des citoyens."