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Les époux Balkany visés par une information judiciaire

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale qui vise le député-maire UMP Patrick Balkany et son épouse Isabelle.

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Le député-maire UMP Patrick et son épouse Isabelle Balkany, le 2 mars 2009 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). (REMY DE LA MAUVINIERE / AFP)

A quatre mois des élections municipales, les époux Balkany sont de nouveau dans le collimateur de la justice, selon Le Monde. Le quotidien révèle, mardi 10 décembre, que le parquet de Paris a ouvert, le 6 décembre, une information judiciaire contre X pour blanchiment de fraude fiscale dans le cadre de l'affaire Balkany. Selon le journal, la procédure "vise directement le couple Balkany".

Quels soupçons pèsent sur les Balkany ?

Déjà embarrassés par une affaire d'utilisation présumée d'employés municipaux à des fins personnelles, objet d'une autre enquête à Nanterre, Patrick et Isabelle Balkany sont suspectés d'avoir fraudé le fisc, en plaçant des avoirs à l'étranger. Le député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), probable candidat à sa réélection, et son épouse, première adjointe de son mari et ex-conseillère générale des Hauts-de-Seine, étaient jusqu'ici visés par une enquête préliminaire. Le juge anticorruption du pôle financier Renaud Van Ruymbeke, qui menait déjà l'enquête préliminaire, et sa collègue Patricia Simon ont été chargés du dossier.

Comment cette affaire a-t-elle éclaté ?

Tout commence avec le témoignage d'un "repenti" : l'ex-conseiller général (RPR) des Hauts-de-Seine Didier Schuller. Cet ancien ami des Balkany dit être animé par le désir de "nettoyer le département". Il est d'ailleurs parti à la conquête de la mairie de Clichy-la-Garenne, ville voisine de Levallois-Perret, pour les municipales. Il est le témoin principal de French Corruption, un ouvrage des journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Il y affirme que Patrick Balkany s'est enrichi de manière illicite en marge de marchés publics conclus dans les années 1980 et 1990 par l'office HLM du département. "J'ai payé pour les autres (...), je ne leur ai jamais présenté l'addition", y lâche-t-il. "J'ai découvert il y a quelques mois que l'argent que je croyais avoir récolté pour le parti avait visiblement servi à enrichir quelques barons locaux, dont M. Balkany", racontait-il à l'AFP.

Didier Schuller a été auditionné le 23 octobre. Il a expliqué avoir remis aux juges financiers Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire quatre documents, dont l'AFP a eu connaissance. Figuraient notamment dans ces pièces des rapports de police de 1998 et 2001, et une attestation d'ouverture d'un compte en Suisse, à la banque ABN-Amro, par Patrick Balkany en 1994, a-t-il détaillé. Un document, également remis, évoque un versement en 1991 de 11 millions de francs d'une société basée au Liechtenstein, sur un compte suisse, au profit de la société suisse Supo.

De quels éléments disposent les enquêteurs ?

Dans le rapport de police de 1998, une "synthèse des vérifications bancaires relatives à M. Patrick Balkany", un enquêteur relève plusieurs virements d'une société suisse, "Supo Holding", sur un compte parisien de l'élu des Hauts-de-Seine, pour un total supérieur à 31 millions de francs en trois versements, effectués entre août 1989 et février 1991.

Ces sommes correspondent à la vente des parts de Patrick Balkany dans l'entreprise familiale "Laine et Soir Réty". Or, selon le rapport, cette société était devenue "une coquille vide", en grande difficulté économique. Pour l'enquêteur, "le fait qu'une société de droit suisse ait acheté pour 31 505 000 F des actions d'une société en difficulté financière depuis des années, actions qui ont fini par être revendues un franc symbolique, permet d'établir le caractère fictif de cette transaction".

Selon le rapport, "cette vente d'actions peut avoir servi à masquer le versement de fonds à M. Patrick Balkany, alors président" de l'office HLM des Hauts-de-Seine. Didier Schuller en était le directeur général. Didier Schuller avait été condamné en 2007 à trois ans de prison pour les malversations à l'OPDHLM mais Patrick Balkany avait bénéficié d'un non-lieu.

Le rapport de synthèse de 2001 de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) évoque également "un compte bancaire dans la partie hollandaise de l'île de Saint-Martin, compte qu'il utilise pour ses besoins personnels" lors de ses séjours dans une villa dont les enquêteurs pensent qu'il est le véritable propriétaire.

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