Affaire Alexis Kohler : "J'entends déjà l'opinion publique crier qu'on est tous pourris", soupire-t-on dans l'entourage d'Emmanuel Macron

Une information judiciaire avait été ouverte contre celui que certains décrivent comme étant l'un des hommes les plus puissants de France pour "prise illégale d'intérêts" et "trafic d'influence" après une plainte de l'association Anticor, en lien avec l'armateur italien MSC.

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Alexis Kohler sort du palais de l'Elysée, à Paris, le 14 février. (LUDOVIC MARIN / AFP)

On le qualifie souvent de "vice président" ou de "premier ministre bis" : Alexis Kohler, l’homme clé aux côtés d’Emmanuel Macronohler, le secrétaire général de l'Elysée, a été mis en examen le 23 septembre dernier pour "prise illégale d'interêts", et placé par ailleurs été placé sous le statut de témoin assisté pour "trafic d'influence". 

>> Le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, mis en examen pour "prise illégale d'intérêts"

Mis en examen, Alexis Kohler reste en poste : il est mis en examen, mais pas condamné, martèle-t-on dans l'entourage du président de la République, qui a fait sienne cette ligne de défense. Tant qu'il n'y a pas de condamnation, Alexis Kohler peut rester en poste. Au risque de fragiliser aussi le chef de l'Etat. Un cadre de la majorité le concède : toute mise en examen gène l'action politique.

Deux ministres en poste sont également visés par des enquêtes

D'autant que ce n'est pas la première autour d'Emmanuel Macron : Thierry Solère, qui n'apparait pas officiellement comme conseiller politique dans l'organigramme de l'Elysée mais a selon témoin toujours sa place aux tables de réunion est mis en examen treize fois. Au sein du gouvernement Sébastien Lecornu, ministre des armées et Olivier Dussopt, ministre du Travail sont eux-aussi visés par des enquêtes pour prise illégale d'intérêt. "J'entends déjà l'opinion publique crier qu'on est tous pourris", soupire un ami du président.

Aussi, est-ce tenable ? "Il va falloir que nous soyions très bons", confiait lundi à franceinfo une voix de la majorité. Tout se jouera dans la capacité à résister à la tempête, prédit un conseiller du pouvoir : "Ou c'est l'avalanche médiatique, et Alexis Kohler partira pour assurer sa défense, ou il réussit à rester sous les radars et il survit." En riposte, c'est la judiciarisation croissante de la vie politique qui est mise en avant : être aux manettes expose de plus en plus et c'est un fait de société, avance un communiquant.

On est loin de la doctrine du premier mandat

Un proche d'Emmanuel Macron suggère de s'intéresser au nombre de mises en examen qui ne débouchent sur rien, entend bien qu'elles reposent sur un "faisceau d'indices graves et concordants" mais glisse que certains juges ont tout de même des "convictions politiques" Beaucoup le reconnaissent : on est loin des tout débuts du premier mandat quand Emmanuel Macron faisait de la moralisation de la vie publique un marqueur. Le président a appris à "faire avec le principe de réalité" explique une source gouvernementale : "Il ne coupe pas les branches, il ne lâche pas ses proches quand ils sont dans le creux de la vague." Une fidélité que la macronie tient à présenter avant tout comme une qualité.

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