Affaire Denis Baupin : "La honte change de camp" se réjouit Clémentine Autain

Mis en cause pour harcèlement et agression sexuelle, Denis Baupin a présenté sa démission de la vice-présidence de l'Assemblée nationale. Une affaire qui suscite de très nombreuses réactions.

(Clémentine Autain, conseillère régionale Front de Gauche d'Île-de-France, et porte-parole du mouvement "Ensemble !" © maxPPP)

"La honte change de camp" s'est réjouie Clémentine Autain, conseillère régionale Front de Gauche d'Île-de-France, et porte-parole du mouvement "Ensemble !" sur France Info après les accusations par plusieurs femmes politique de harcèlement voire agressions sexuelles à l'encontre de Denis Baupin, vice-président de l'Assemblée nationale.

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"C'est dur de libérer la parole , a justifié Clémentine Autain. En politique on a besoin d'être forte et pas d'être regardées comme des victimes. D'un seul coup la honte change de camp et je suis très heureuse qu'il en soit ainsi" s'est donc félicité la femme politique.  Elle a avoué être au courant du comportement du député écologique : "Tout le monde savait, je ne tombe pas de ma chaise. Tout le monde se demande pourquoi les femmes n'ont pas parlé avant mais c'est difficile dans un climat politique façonné par le monde viril, issu d'une tradition guerrière où le monde politique est une sorte de terrain de chasse dans lequel les femmes essayent de survivre."

 

"C'est dur de libérer la parole et j'en sais quelque chose" (Clémentine Autain)
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Invité sur France Info, Julien Bayou, porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts, a salué "le courage de celles qui ont parlé ". Selon lui, Denis Baupin "doit s'expliquer de toute manière. Il a démissionné de la vice-présidence de l'Assemblée, c'est bien le minimum."  Et il estime que "si les faits ont duré aussi longtemps, c'est qu'il y a un problème, bien sûr". 

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Claude Bartolone avait demandé à Denis Baupin de démissionner après l'avoir reçu ce matin. Il "lui a demandé de remettre sa démission de ses fonctions de vice-président", précise le communiqué la présidence de l'Assemblée nationale.

François de Rugy "abasourdi"

"Je suis abasourdi parce que ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées , a estimé François de Rugy, député écologiste. Et en même temps Denis Baupin est un ami politique, je le connais et je n'ai jamais eu à connaître des faits de ce type sinon je les aurais bien sur condamnés." 

"La seule façon de traiter ce genre d'affaires, c'est le droit et la justice , a martelé l'ancien membre du parti EELV [aujourd'hui président de "Ecologistes, le parti" - NDLR]. Je ne suis ni dans le déni, ni le lynchage médiatico-politique. Mais c'est l'honneur d'un homme qui est aussi en question. Si ces accusations ne sont pas justifiées, c'est également très grave."

Valérie Pécresse (LR) "extrêmement choquée"

Invitée de France Info,  la présidente de la région Ile-de-France s'est déclarée "extrêmement choquée par ces témoignages et par ce qu'ils révèlent. Ce sont des pratiques tout à fait intolérables. Les hommes politiques devraient être vis-à-vis de ces pratiques de harcèlement sexuel totalement exemplaires. Visiblement ça ne serait pas le cas".  Selon Valérie Pécresse, ces problèmes de harcèlement sexuel concernent toute la société française : "C'est en fait l'application de la loi du plus fort version macho. Mais ce qui est inadmissible, c'est que cela s'applique dans les partis politiques qui devraient être exemplaires en matière égalité homme/femme". "Si ces faits sont avérés, Denis Baupin devrait en tirer les conséquences."

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