Qui est Eric Cesari, ce proche de Sarkozy mis en examen dans l'affaire Bygmalion ?

Il est surnommé "l'œil de Sarkozy" à l'UMP. 

Eric Cesari (à G) et Jérôme Lavrilleux, à leur arrivée dans les bureaux de Nicolas Sarkozy le 8 juillet 2013 à Paris.
Eric Cesari (à G) et Jérôme Lavrilleux, à leur arrivée dans les bureaux de Nicolas Sarkozy le 8 juillet 2013 à Paris. ( BENOIT TESSIER / REUTERS )

Peu de gens connaissent son nom et son visage. Mais Eric Cesari, mis en examen pour faux et usage de faux, et abus de confiance, samedi 4 octobre dans l'affaire Bygmalion, est un pilier de la Sarkozie. Depuis que son mentor s'est emparé de l'UMP en 2004, ce Corse de 54 ans a résisté à tous les changements de direction du parti dont il est directeur général depuis 2008. Il y est même surnommé "l'œil de Sarkozy" ou "l'œil de Moscou". 

Un fidèle sarkozyste de l'ombre

"Sarkozy l'avait laissé à l'UMP pour qu'il surveille la maison. Il venait au rapport tous les deux jours dans le bureau de Claude Guéant à l'Elysée", confirme un ancien habitué du siège de l'UMP. "Cesari [est] totalement dévoué à Nicolas Sarkozy depuis qu'il s'est emparé de l'UMP en 2004. Il ne le lâchera jamais", abonde un ancien ministre.

"C'est un homme très discret, fuyant la lumière et qui n'a pas d'égo personnel à satisfaire. A sa façon, il est efficace", commente un responsable UMP. "C'est un bon professionnel, très présent, qui gérait les équipes. Avec lui, la machine tournait bien", note l'ex-députée copéiste Valérie Debord.

Après la défaite de 2012, la mission de ce quinquagénaire, membre fondateur de l'association des "Amis de Nicolas Sarkozy" est dès lors d'empêcher que l'UMP ne tombe entre des mains "hostiles". "Connaissant Copé, qui flingue tout ce qui n'est pas avec lui, pour qu'il ait gardé Cesari, c'est que vraiment c'était le deal avec Sarkozy quand il lui a confié les clés de l'UMP", décrypte un filloniste.

Un personnage clef de la campagne 

"Cesari a signé tous les bons d'engagement de dépenses de l'UMP avant et pendant la campagne" du président-candidat Sarkozy en 2012 selon un filloniste qui admet : "Est-ce qu'il a signé, comme il le dit, au kilomètre, une tonne de parapheurs, sans connaître le dessous des cartes ? C'est possible." 

En mai dernier sur Europe 1, l'ancien trésorier de l'UMP Dominique Dord expliquait que tout chèque était signé et validé par quatre têtes du parti : le directeur général de l'UMP, Eric Cesari, le directeur de communication, Pierre Chassat, la direction financière menée par Fabienne Liadze, et le directeur de cabinet de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux.

De son côté Eric Cesari nie tout lien avec l'affaire des fausses factures. "Je n'ai participé à aucune réunion consacrée aux comptes de campagne", assène-t-il dans L'Express, alors que Jérôme Lavrilleux raconte que le Corse était présent lors d'une réunion validant le système de répartition des dépenses entre compte de campagne et UMP, au printemps 2012. 

Un "rusé" biberonné aux méthodes Pasqua

Issu du RPR et du réseau des Hauts-de-Seine, Eric Cesari a travaillé auprès de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur puis au Conseil général du "92" de 1995 à 2003. Avant de se placer dans la roue de Nicolas Sarkozy, dont il est le directeur de cabinet entre 2006 et 2007 au même Conseil général des Hauts-de-Seine. "C'est aussi un mec qui n'a peur de rien, un rusé qui sent les coups politiques. Et puis il a été élevé par Charles Pasqua, avec les mêmes méthodes peu reluisantes", souligne une élue francilienne.  

Diplômé de la fac de droit et des sciences politiques d'Aix-Marseille III et d'HEC, il est lui-même élu depuis 1998 avec divers mandats dont, à partir de 2008, conseiller municipal de Courbevoie (puis adjoint en 2014) avant de devenir, en avril, président de la Communauté d'agglomération Seine-Défense qui regroupe Puteaux et Courbevoie.