Affaire Bygmalion : le député UMP Lionel Tardy dit "stop" à Jean-François Copé

Dans une lettre ouverte, l'élu réclame la transparence sur la gestion de son parti et signe une violente charge contre son chef de file.

Le député Lionel Tardy, le 21 mars 2013 à Annecy (Haute-Savoie). 
Le député Lionel Tardy, le 21 mars 2013 à Annecy (Haute-Savoie).  (PATRICE COPPEE / AFP)

Il persiste et signe. Après avoir estimé le 15 mai que Jean-François Copé n'avait "plus rien à faire à la tête de l’UMP", le député UMP Lionel Tardy, l'un des rares à avoir ouvertement critiqué le président du parti depuis le début de l'affaire Bygmalion, revient à la charge. Le patron de l'UMP est mis en cause dans une affaire de favoritisme présumé au détriment de son parti.  

Dans une lettre ouverte à Jean-François Copé, diffusée mardi 20 mai par le site de France Info, Lionel Tardy lui demande des comptes. "Face au silence assourdissant des dirigeants de notre parti, il est un moment où les Français, les militants et élus UMP de base disent stop", écrit Lionel Tardy. "Les journalistes et certains de vos amis voient dans ces 'affaires' un relent de la guerre Copé/Fillon, alors que c'est tout le contraire", poursuit-il. Et le député de Haute-Savoie assène : "Nous ne sommes pas sur un problème de ligne politique, mais de transparence."

"Des explications claires dès le début juin"

Le réquisitoire de ce filloniste (qui se défend d'être "un porte-flingue de François Fillon"contre le président de l'UMP est sévère : "Je constate simplement, comme beaucoup d’élus et de militants, que depuis votre prise de fonction à la tête de l’UMP il y a maintenant presque deux ans, rien n’a été réglé… Et qu’au contraire, les problèmes s’accumulent." "En vous exprimant depuis le siège de l'UMP, vous avez tenté d'amalgamer une affaire personnelle (l'affaire Bygmalion), avec les affaires de l'UMP, ce qui a été tout à fait dommageable pour l'image de notre parti", ajoute Lionel Tardy. Il fait référence à la réponse apportée par Jean-François Copé en mars, après les révélations du Point sur l'affaire Bygmalion, du nom de l'agence fondée par deux proches du patron de l'UMP. 

"Les Français, les militants et élus UMP de base ne votent pas pour Jean-François Copé mais pour l’UMPCe qui était vrai pour Nicolas Sarkozy ne l’est pas pour vous. Ils votent pour l’UMP, pour ses valeurs, son projet... Faire croire le contraire et faire croire que notre victoire aux municipales vous est due fait sourire", estime le député UMP. Il exige donc des "explications claires" sur la gestion du parti. Et de conclure : "Il est enfin temps pour vous dès le début juin d’éclairer les Français, militants et élus UMP... Faute de quoi l’UMP, notre parti, notre bien commun, n’y survivra pas."

Jean-François Copé a promis dimanche de "dire exactement ce qu'il en est" sur l'affaire Bygmalion après les élections européennes du 25 mai. "Je demande une semaine pour pouvoir faire la campagne pour l'Europe" et, après le scrutin, "dans les jours qui suivent, nous dirons exactement ce qu'il en est, et moi le premier", a assuré le président de l'UMP sur BFMTV.