Affaire Bygmalion : quatre personnes en garde à vue, dont l'ex-dirigeant de la société, Bastien Millot

Une filiale de Bygmalion, Event and Cie, a facturé indûment à l'UMP des dépenses qui auraient dû entrer dans les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

Le chef d\'entreprise Bastien Millot, le 8 février 2012, à Paris.
Le chef d'entreprise Bastien Millot, le 8 février 2012, à Paris. (BALTEL/SIPA)

Quatre personnes ont été placées en garde à vue, lundi 29 septembre, dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Bygmalion. Elles ont été interpellées à leurs domiciles et placées en garde à vue à l'office anticorruption de la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Sur quoi porte l'enquête des juges ?

Trois juges financiers parisiens ont été désignés pour instruire une information judiciaire ouverte pour faux et usage de faux, abus de confiance et tentative d'escroquerie.

Les magistrats et les policiers enquêtent sur un système présumé qui consistait, pour la filiale événementielle de Bygmalion, Event and Cie, à facturer indûment à l'UMP des dépenses. Celles-ci auraient dû entrer dans le compte de campagne de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2012, à hauteur de 10 à 11 millions d'euros.

Qui sont les personnes placées en garde à vue ?

L'ex-dirigeant et cofondateur de Bygmalion, Bastien Millot, est une des personnes en garde à vue. Il a déjà été mis en garde à vue et mis en examen dans une autre affaire, pour "recel de favoritisme". L'enquête porte sur des soupçons de favoritisme en marge de contrats de Bygmalion passés avec France Télévisions, où Bastien Millot avait été directeur délégué chargé de la stratégie jusqu'en 2008.

Guy Alves, l'autre fondateur de Bygmalion, figure aussi parmi les gardés à vue. Proche de Jean-François Copé, il a collaboré avec lui à Bercy lorsque l'ancien président de l'UMP était ministre délégué au Budget (2004-2007).

Le patron d'Event and Cie, Franck Attal, est aussi un des gardés à vue. Il est soupçonné d'avoir participé à une réunion entre début mai et juillet 2012, au cours de laquelle a été prise la décision d'imputer indûment des frais à l'UMP.

Enfin, la quatrième personne placée en garde à vue est le comptable de la société.

Y a-t-il eu d'autres gardes à vue dans cette affaire ?

Le 17 juin, l'ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux, avait été placé en garde à vue, pendant douze heures, dans l'affaire Bygmalion. Il avait été interrogé par les enquêteurs de l'Office anti-corruption de la police judiciaire, dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet de Paris.

Jérôme Lavrilleux avait reconnu, le 26 mai, en direct à la télévision, que la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 avait donné lieu à "un dérapage sur le nombre" de meetings. Il avait indiqué qu'un système occulte avait été mis en place pour éviter de dépasser le plafond de dépense autorisé des frais de campagne, soit environ 22,5 millions d'euros.

Le 24 septembre, la commission des recours de l'UMP a confirmé la suspension du parti de Jérôme Lavrilleux, en raison de son rôle dans l'affaire Bygmalion, et une commission spéciale va prochainement étudier son exclusion.