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Affaire Bygmalion : les copéistes démentent, les fillonistes se taisent

A deux semaines des européennes, l'UMP est de nouveau secouée par des révélations de la presse sur des frais de communication versés à une agence fondée par deux proches de Jean-François Copé.

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Jean-François Copé, entouré de Nadine Morano et Jean-Pierre Raffarin lors d'une conférence de presse, le 9 avril 2014, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Dure journée pour l'UMP. La polémique autour de Bygmalion et du parti revient sur le devant de la scène avec les révélations, jeudi 15 mai, de Libération. Le quotidien affirme qu'entre janvier et juin 2012, soit en pleine campagne présidentielle, l'UMP aurait versé près de 20 millions d’euros à une filiale de la société Bygmalion, une agence de communication fondée par deux proches de Jean-François Copé. Dédiée à "l'organisation d'événements dont l'existence de certains reste à prouver", avance Libération, cette somme apparaît d'autant plus importante que l'UMP a sollicité, à l'été 2013, ses militants pour qu'ils renflouent le parti à hauteur de 11 millions.

Il y a trois mois, Le Point affirmait déjà que, pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, l'argent de l'UMP avait servi à sponsoriser la société Bygmalion à travers des surfacturations. Alors que le parti se remettait à peine de la guerre des chefs entre François Fillon et Jean-François Copé, les révélations de l'hebdo avaient de nouveau secoué le parti, qui, à deux semaines des européennes, est une fois de plus ébranlé et divisé. 

Les copéistes font bloc

Le président du parti et principal mis en cause dans l'affaire se défend : "On approche des européennes, a expliqué Jean-François Copé. On nous a fait ça avant les municipales avec les mêmes allégations, le tout mélangé, amalgamé, mal vérifié."

L'entourage du patron de l'UMP ne voit "pas de scoop". Environ 19 millions ont bien été versés à Bygmalion. "A charge pour cette société de payer sur cette somme tous les fournisseurs auxquels elle faisait appel", a indiqué Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, sans commenter les montants des factures. Dans Libération, l'avocat de Bygmalion, Me Patrick Maisonneuve, a lui aussi contesté "toute accusation de surfacturation" et "toute rétrocommission".

Les fillonistes, profil bas, n’en pensent pas moins

Du côté des soutiens de l'ancien Premier ministre, rares sont ceux qui ont accepté de s’exprimer. Invitée sur le plateau d'i-Télé, la secrétaire générale déléguée de l'UMP Valérie Pécresse a expliqué ne "rien" savoir du dossier. "Je suis sûre que Jean-François Copé aura à cœur de clarifier, de donner toutes les explications sur ces dépenses", ajoute l’ancienne ministre.

Libération révèle que Pierre Lellouche est mentionné sur l’une des factures comme organisateur d'une conférence donnée le 30 mai 2012 et facturée 299 000 euros par Event & Cie, la filiale de Bygmalion. "Je conteste formellement avoir été associé et encore moins avoir été la cause d'une facture", a déclaré l'ancien secrétaire d'Etat, qui a saisi son avocat.

Le député Lionel Tardy a, quant à lui, réagi sur Twitter jeudi matin, en se disant "profondément choqué" ,"comme beaucoup de militants et élus UMP, par la lecture de 'Libération'". Dans un interview au site Hexagones, il a par la suite estimé que Copé n'avait "plus rien à faire à la tête de l'UMP".

Lors des premières révélations du Point, le député filloniste avait déjà mis en cause Jean-François Copé. 

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