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Retour d'Adrien Quatennens à l'Assemblée : "Vraiment trop tôt", "décision personnelle", "scandaleux"… Les premières réactions politiques

Le député Adrien Quatennens, condamné pour violences conjugales, a fait son retour à l'Assemblée nationale. L'élu du Nord a assisté mercredi matin à une réunion de la commission des Affaires étrangères.
Article rédigé par franceinfo
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Le député Adrien Quatennens quitte un bâtiment annexe de l'Assemblée nationale à Paris après avoir assisté à une réunion de la Commission des affaires étrangères, le 11 janvier 2023. (JULIEN DE ROSA / AFP)

"Vraiment trop tôt", "décision personnelle", "scandaleux"… Plusieurs personnalités politiques ont réagi mercredi 11 janvier au retour d'Adrien Quatennnens à l'Assemblée nationale. Le député du Nord n'y avait plus mis les pieds depuis le mois de septembre. Ce retour intervient près d'un mois après sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis, notamment pour "violences conjugales".

"Ce retour est absolument scandaleux, indigne", s'est indignée Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère de Paris Europe Écologie-Les Verts, sur franceinfo. Elle a "véritablement honte de notre représentation nationale et de tout le système qui permet à un homme condamné pour violences conjugales de revenir, d'être député avec tous les privilèges que cela implique, avec la parole publique que cela signifie.

"J'ai vraiment une pensée pour toutes les femmes et toutes les victimes de violences pour qui c'est la preuve d'un mépris absolu."

Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère de Paris Europe Écologie-Les Verts

à franceinfo

"C'est sa décision personnelle, il est parlementaire élu", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, répondant à la question d'un journaliste lors de son point-presse hebdomadaire à l'issue du Conseil des ministres. "Il a fait le choix de ne pas démissionner, poursuit Olivier Véran. Il aurait pu faire le choix de démissionner et de se représenter devant ses électeurs pour garder de la légitimité. Ce n'est pas le choix qu'il a fait, ça lui appartient" et "ça n'est pas au gouvernement de le commenter".

Une proposition de loi déposée

"Je pense que c'est vraiment trop tôt, et surtout, on ne l'a pas assez entendu dire : 'J'ai fait une énorme erreur, j'ai fait une faute et j'ai été condamné", a estimé Erwann Balanant, député MoDem du Finistère, devant la presse.

"Il aurait semblé assez logique qu'Adrien Quatennens dise : 'Je ne siège pas et je remets en jeu mon mandat à la fin de cette période de quatre mois.'"

Erwann Balanant, député MoDem du Finistère

à franceinfo

"Nous déposons ce jour une proposition de loi (…) pour créer une peine complémentaire d'inéligibilité pour celles et ceux qui auront été condamnés pour des faits de violences conjugales ou de violences intrafamiliales", a annoncé la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, Aurore Bergé, ce mercredi. "C'est la réponse politique qui est la nôtre aujourd'hui au retour d'Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale", a-t-elle ajouté. "Il est pour nous une évidence que ce retour ne peut pas être passé sous silence, qu'il n'a rien de naturel, qu'il n'a rien de banal et qu'il n'a en fait rien de normal", a-t-elle encore déclaré.

"Il y avait des commissions ce matin, il y est allé en tant que député non-inscrit, ça ne regarde pas le groupe La France insoumise dans la mesure où il est suspendu du groupe", a réagi l'Insoumis Louis Boyard, en marge d'une conférence de presse sur la "marche pour nos retraites" du 21 janvier, à l'initiative de plusieurs organisations de jeunesse et soutenue par La France insoumise (LFI). Adrien Quatennens "fait son travail de parlementaire, le groupe LFI lui fait son travail qui est orienté contre la réforme des retraites" ajoute celui qui est aussi membre de la coordination du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

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