A six mois de la présidentielle, M. Sarkozy est "nettement devancé" par M. Hollande, selon l'Ifop

"Phénomène inédit" sous la Ve République, note l'Ifop, le président sortant est "nettement devancé" par son principal adversaire à six mois du scrutin dans un sondage de cet institut pour Paris Match et Europe 1. Son image s'améliore pour LH2.

Nicolas Sarkozy en visite à Strasbourg mardi
Nicolas Sarkozy en visite à Strasbourg mardi (ERIC FEFERBERG / AFP POOL / AFP)

"Phénomène inédit" sous la Ve République, note l'Ifop, le président sortant est "nettement devancé" par son principal adversaire à six mois du scrutin dans un sondage de cet institut pour Paris Match et Europe 1. Son image s'améliore pour LH2.

Avec 25,5% d'intentions de vote (+0,5 point), Nicolas Sarkozy serait encore nettement devancé par son principal concurrent François Hollande (32,5%, -2,5 points) au premier tour de l'élection présidentielle. Tel est l'un des principaux enseignements du dernier sondage Ifop pour Paris Match/Europe 1 présenté mardi.

Marine Le Pen arriverait en troisième position avec 19% des intentions de vote, avec une progresion de 2 points par rapport au sondage précédent pour Match.

Derrière la candidate du Front national, François Bayrou obtiendrait 7% devant Jean-Luc Mélenchon, 6%, et Eva Joly, 5,5%. Tous les autres candidats recueillent moins de 5% : Dominique de Villepin (2%), Corinne Lepage, Hervé Morin, Nicolas Dupont-Aignan (1% chacun) et Philippe Poutou, 0,5%.

Pour l'Ifop, cette enquête révèle un "phénomène inédit" dans l'histoire de la Ve République s'agissant du premier tour d'une élection présidentielle : "le Président sortant est nettement devancé par son principal concurrent à la magistrature suprême et n'apparaît pas aujourd'hui en situation d'arriver en tête au soir du premier tour".

Moindre exposition médiatique pour François Hollande

Le chef de l'Etat bénéficie d'une progression des intentions de vote en sa faveur. Elle reste, toutefois, ténue (0,5 point) et son "activisme sur la scène européenne et mondiale ne se traduit pas par une progression équivalente dans les intentions de vote", estime l'institut.

François Hollande, pour sa part, "bénéficie toujours de la dynamique issue" de la primaire socialiste, même s'il "subit une érosion réelle" (-2,5 points). "Tout se passe comme si le candidat François Hollande avait pâti de sa moindre exposition médiatique et de la séquence internationale du G20 consacrée à la Grèce et au sauvetage de la zone euro", indique l'Ifop.

Derrière le trio de tête, il apparaît qu'aucune personnalité testée n'approche le seuil symbolique des 10% des intentions de vote. Quant au rapport de force entre le Front de Gauche et Europe Ecologie-Les Verts, il penche en faveur du premier, même si 46% des électeurs interrogés déclarent pouvoir encore changer d'avis s'agissant de leur intention de vote.

Au second tour, le président du conseil général de Corrèze obtiendrait 57% contre 43% en faveur du président de la République sortant. Cet écart se resserre par rapport à celui enregistré au lendemain de la victoire de M. Hollande à la primaire (60%-40%).

Image : "une nette embellie" pour Nicolas Sarkozy

A moins de six mois de la présidentielle, l'image du chef de l'Etat, qui avait atteint en octobre un des scores les plus faibles de son mandat, retrouve "un niveau qu'il n'avait pas atteint depuis février", indique, dans une autre enquête, l'institut LH2 en évoquant "une nette embellie".

Dans cette étude réalisée pour le NouvelObs.com, les opinions négatives envers M. Sarkozy reculent de 9 points à 55%. Par ailleurs, 44% des personnes interrogées (-3 ponts) ont une opinion négative de François Fillon, "moins sur le devant de la scène que le président ces dernières semaines", observe LH2. Le sondage a été réalisé avant l'annonce du plan de rigueur par M. Fillon.

L'intervention télévisée du président de la République le 27 octobre "puis sa gestion en partenariat avec Angela Merkel de la crise de la dette grecque, et notamment son implication et sa fermeté dans l'accord européen visant à préserver la stabilité de la zone euro, ont visiblement convaincu une partie des Français", juge LH2.

"Après une cure d'abstinence médiatique, ses interviews télévisées du 27 octobre puis de vendredi avec Barack Obama ont aussi été relativement bénéfiques, tout comme sa rupture avec la mise en scène de sa vie privée qui lui avait été reprochée au début de son mandat", conclut l'institut .