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A droite et à gauche, les réactions après l'accord sur la zone euro (mises à jour)

Les dirigeants politiques ont commenté diversement jeudi, l'accord conclu à Bruxelles sur le plan anticrise destiné à la survie de la zone euro. Si la majorité s'est félicitée, la gauche, à l'inverse, a critiqué un accord tout juste "correct".
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Le plan de sauvetage de la zone euro a été conclu dans la nuit, à Bruxelles (AFP - Eric Feferberg)

Les dirigeants politiques ont commenté diversement jeudi, l'accord conclu à Bruxelles sur le plan anticrise destiné à la survie de la zone euro. Si la majorité s'est félicitée, la gauche, à l'inverse, a critiqué un accord tout juste "correct".

Acteur majeur du compromis trouvé entre les dix-sept chefs d'Etats et de gouvernement européens, Nicolas Sarkozy s'est réjoui en premier de l'issue trouvée : "Je crois que le résultat sera accueilli avec soulagement par le monde entier qui attendait des réponses fortes de la zone euro", a déclaré jeudi matin le président français.

Dans la foulée, les principaux ténors de la majorité ont relayé les propos du chef de l'Etat.

La droite se félicite

"Les dirigeants européens ont été à la hauteur des enjeux", a déclaré jeudi matin Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, sur LCI. "Chacun ira de ses commentaires pour dire que l'on a été trop loin pour certains, pas assez pour d'autres". "Les dirigeants européens ont montré que lorsque l'Europe est capable de parler d'une seule voix, lorsqu'il y a une volonté politique, lorsqu'il y a de la détermination, eh bien ça marche", a-t-il souligné.

"Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont assuré une victoire historique", s'est félicité Pierre Lequiller, président (UMP) de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée, dans un communiqué. "Cet accord scelle aussi peut-être, espérons-le, le début d'une ère nouvelle au niveau mondial : celle de l'interdépendance et de la solidarité indispensables entre le monde occidental  et les pays dits émergents qui pourraient en venir à renforcer le fonds européen".

La gauche critique

"Un accord, même au bout de la nuit, était nécessaire, de ce point de vue le pire a été évité. Mais plusieurs points me paraissent insuffisants aussi bien sur le plan financier que sur le plan économique", a jugé François Hollande. "Pourquoi avoir attendu si longtemps pour prendre enfin des mesures à la hauteur de l'enjeu ? Si ce n'est pour protéger un secteur  bancaire qui aurait du être appelé au sacrifice bien plus tôt", a déploré la candidat socialiste à la présidentielle dans un communiqué.

Proche de lui, le député de l'Indre Michel Sapin a parlé d'un accord tout juste "correct" et s'est  inquiété que la zone euro aille "faire la quête" en Chine.

Première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry a estimé qu'il s'agit d'"un accord a minima qui  ne prend pas la mesure de la gravité de la crise".

"Pourquoi dans ces sommets il n'est jamais question d'initiative de croissance ? Plus l'austérité augmentera, plus le chômage augmentera, et plus les comptes publics augmenteront, donc il y a une sorte de cercle vicieux et il faudrait sans doute changer de paradigme", a souligné le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault.

Indignation de Jean-Luc Mélenchon

Plus sévère, Jean-Luc Mélenchon, s'est indigné de l'accord intervenu dans la nuit. Dans un communiqué, le candidat du Front de gauche a jugé que "le refus de faire intervenir directement la banque centrale pour prêter aux Etats est une erreur qui coûte chaque jour plus cher à la zone euro".

L'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit a évoqué un "tout petit pas" vers la résolution de la crise et dénoncé la même "aberration chinoise".

Nicolas Dupont-Aignan évoque "un bras d'honneur terrible aux citoyens européens"

Le candidat de Debout la République a ironisé : "Tels des Docteurs Folamour de série B, les chefs d'Etat des 17 pays membres de la zone euro semblent prêts à tout pour sauver un système et une monnaie unique qui ne fonctionnent pas, plutôt que de se poser la question de changer ou de faire évoluer le système." M. Dupont-Aignan a accusé les pays européens de "racketter les peuples d'Europe puisqu'ils décident de recapitaliser les banques qui ont échoué sans en prendre le contrôle." Pour lui, cet accord s'apparente à "un bras d'honneur terrible aux citoyens européens."

Réactions internationales

Plusieurs capitales ont exprimé leur soulagement après l'accord des dix-sept membres de la zone euro, à commencer par les principaux acteurs concernés.

Réactions en Gréce reportage Olivier Sibille France 2,  27 octobre 2011

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Le Premier ministre, Georges Papandreou, a défendu un accord qui ouvre "une nouvelle ère" même s'il "faut continuer de travailler". "Le pays a signé un accord très important, c'est un jour historique qui peut mettre de l'ordre dans nos finances publiques", a renchéri le porte-parole du gouvernement grec, Elias Mossialos, à la chaîne de télévision privée Mega.

Outre-Rhin, la chancelière allemande, Angela Merkel, s'est félicitée des décisions prises. "Je pense que nous avons pu être à la hauteur des attentes et que nous avons fait ce qu'il fallait faire" pour l'euro.

Au-delà des frontières européennes, Pékin a salué "le consensus européen" qui devrait "soutenir la confiance  des marchés" et insuffler une nouvelle vitalité à l'intégration européenne". Moscou a exprimé son "optimisme prudent" et Londres a estimé que le sommet  avait débouché sur de "très bons progrès".

En marge de ses commentaires, une autre annonce a retenu l'attention, celle du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso évoquant la création d'un "super-commissaire à l'euro" avec l'élargissement des fonctions d'Olli Rehn, le commissaire chargé des affaires économiques et  monétaires.

Une telle nomination pourrait préfigurer, à terme, la création d'un ministre des Finances de la zone euro.

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