Paradis fiscaux : en recul ?

a revoir

Présenté parDavid Pujadas

Diffusé le 05/12/2013Durée : 00h42

Sont-ils en train de reculer ? Un livre jette un pavé dans la mare. Selon son auteur, un économiste, malgré lés décisions et déclarations, le montant de l'argent qui y est placé est plus important que jamais.

La Suisse, le Luxembourg, les îles Caïmans ou les Seychelles ont bâti leur prospérité sur le même modèle : pas d'impôts, secret bancaire renforcé, et pas de coopération avec le Fisc étranger C'est ce qu'on appelle un paradis fiscal. En 2009, les chefs d'Etat réunis au G20 ont promis d'éradiquer.

Les paradis fiscaux et le secret bancaire c'est terminé.

On en est loin. Le travail de cet économiste révèle tout autre chose. Il a chiffré pour la première ce qui est non déclaré.

J'ai comparé le total des richesses financières venues chaque année et le total de la richesse financière achetée. On voit qu'il y a plus de richesses financières vendues qu'achetées. Cet écart reflète les achats réalisés par des personnes ayant des comptes en Suisse, à Singapour et Hong Kong. C'est naïf de croire qu'on va les convaincre d'arrêter de permettre à leurs clients de frauder par des belles paroles.

Depuis 2009 le patrimoine financier détenu dans les paradis fiscaux a bondi de 26% pour atteindre le niveau record de 5800 milliards d'E. Des efforts importants ont été accomplis selon cette organisation, chargée par le G20 d'organiser la lutte contre la fraude fiscale.

Jusqu'en 2009, on ne pouvait même pas poser de questions. Il suffit d'ouvrir un compte bancaire de l'autre côté de la frontière pour ne pas être inquiété. Aujourd'hui, le risque est très sérieux. Des milliers de demandes d'informations ont été formulées depuis que ces accords existent.

En Suisse, au cours des derniers mois, plus de 5 000 Français ont fermé leurs comptes ou déclarés au Fisc français. Ce ne sont pas les plus gros comptes. Le Luxembourg s'est engagé à fournir a ses partenaires un échange automatique de données fiscales d'ici à 2015. Cela ne suffit pas à déterminer l'identité du fraudeur.

L'échange automatique de données devient le nouveau standard mondial, il faut s'en féliciter. Mais c'est loin d'être suffisant. Les gouvernements n'ont pas pris acte du développemnt de l'opacité. 100% des comptes dans les paradis fiscaux sont détenus via des trusts, des holdings, des sociétés-écrans, des fondations. Si la transparence a progressé en Europe, ce n'est pas le cas en Asie. Entre gendarme et voleur fiscal, le voleur a une longueur d'avance. Pour le traquer, l'économiste a une idée révolutionnaire: créer un fichier mondial de tout le patrimoine financier de la planète.

Il faut créer un cadastre financier mondial, sur le modèle du cadastre immobilier qui existe en France depuis 1791. En 1791, l'essentiel était la terre et l'immobilier. Aujourd'hui, la finance représente la moitié de la richesse. Il faut mesurer qui possède les actions au niveau mondial.

Une solution qu'aucun chef d'Etat du G20 n'a envisagée.

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