Oléron : la tempête Xynthia, l'incohérence des destructions forcées

a revoir

Présenté parElise Lucet

Diffusé le 09/05/2014Durée : 00h50

En Poitou-Charentes, la tempête Xynthia avait fait 47 morts en 2010 et dévasté des quartiers entiers. Quelques mois plus tard, l'Etat a décrété des zones noires non habitables où des maisons ont été rachetées pour être détruites. Depuis, les risques ont été revus à la baisse, notamment sur l'île d'Oléron. On y a du mal a accepter de voir tout un patrimoine disparaître.

Quatre ans après le passage de Xynthia, les pelleteuses sont toujours à l'oeuvre sur l'île d'Oléron. En février 2010, ce chenal entrant à l'intérieur de l'île, déborde. Un mort et jusqu'à 1,80m d'eau par endroit. L'Etat classe le quartier en zone noire, inhabitable, et propose de racheter les maisons pour les raser. 52 propriétaires acceptent de vendre et les logements sont soit détruits, soit en passe de l'être, comme cette maison.

C'est cassé, il ne reste plus rien.

Sauf que depuis, le risque a été revu à la baisse. Des maisons rachetées par l'Etat ne sont plus en zone noire aujourd'hui. Les travaux de démollition continuent pourtant. Claudie Autrusseau a refusé de vendre en 2010, et elle voit son quartier tomber en ruine.

C'est tuer notre village. C'est inadmissible que des maisons, qui n'ont presque pas eu d'eau, soient tombées.

Pour dénoncer une situation qu'elles jugent ubuesque, des associations ont réalisé un photo-montage. Ici, un quartier sorti de la zone noire, tel qu'il est aujourd'hui. Dessous, voici ce qu'il deviendrait si l'Etat continuait à détruire.

On ne voit pas l'intérêt de les déconstruire aujourd'hui, alors qu'on pourrait avoir une utilisation associative, publique.

Juste après la tempête, les habitants reprochaient à l'Etat de ne pas avoir joué son rôle. Aujourd'hui, les mêmes lui reprochent l'inverse, d'avoir agi sans concertation.

Quand on a pris cette décision de classer en zone noire, ce fut dans l'urgence. On n'a pas vu si on pouvait protéger le lieu.

En clair, réhausser les digues aurait sans doute coûter moins cher que de raser 52 maisons.

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