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VIDEO. Venezuela : "Envoyé spécial" a suivi un "colectivo", une milice populaire pro-gouvernementale

Démocratie socialiste ou dictature au bord de la guerre civile ? "Envoyé spécial" a voulu savoir ce qui se passe exactement au Venezuela. Dans un bastion chaviste où la presse n'est jamais allée, une équipe du magazine a pu exceptionnellement suivre un colectivo. Ces collectifs armés de citoyens favorables au gouvernement ont été mis en place par le président Maduro pour lutter contre la criminalité. Extrait.

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Quartier populaire d'El Junquito, Caracas. Un bastion chaviste où la presse n'est jamais allée. Les journalistes François Cardona et Vincent Rimbaux ont pu y entrer avec l'accord de Gregori. C'est le chef d'un colectivo, une milice populaire pro-gouvernementale. Ces collectifs de citoyens armés ont été créés par le président Maduro pour éradiquer la criminalité dans les quartiers pauvres.

Gregori est un ancien chauffeur-livreur, père de deux enfants. Il gère une trentaine d'hommes. S'il a accepté de laisser les journalistes l'accompagner, c'est pour leur montrer comment le colectivo assure la sécurité du barrio (quartier) et le maintien de l'ordre, en vérifiant que personne n'est armé. Bien qu'il ne soit pas policier, Gregori peut fouiller n'importe qui. Il est habillé en civil, mais porte un insigne du ministère de l'Intérieur.

En coordination avec la police

Au cours de l'un de ces contrôles aléatoires, on l'avertit que des voleurs sévissent un peu plus haut. Mais Gregori est déjà au courant. "Les délinquants arrêtent les passants et les braquent avec une arme. Donc, nous, on patrouille pour tenter de les prendre en flagrant délit. Soit les mecs se défendent, et on fait ce qu'on peut. Soit on arrive à les arrêter. Alors, on les livre aux autorités compétentes."

Des collectifs qui agissent main dans la main avec la police ? Les hommes du colectivo se coordonnent avec la Garde nationale, confirme-t-il. "On est bien organisés, et on s'entraide. Si on a besoin d'armes, ils nous en prêtent." Des armes qu'il cache dans les sacoches de sa moto. 

Extrait de "Venezuela, naissance d'une dictature ?", un reportage diffusé dans "Envoyé spécial" le 11 janvier 2018.