Venezuela : Mercedes de Freitas se battra pour son pays jusqu'au bout

Le Venezuela connaît un exode inédit. Ils sont des millions à fuir leur pays pour trouver refuge en Colombie. Une Vénézuélienne raconte la vie dans son pays.

FRANCEINFO

"Le Venezuela est un pays censé être riche : il y a beaucoup de pétrole, du fer, de l'or, des diamants, du coltan... mais tout ça ne crée plus de valeur, car le gouvernement a pris possession de cette production et aujourd'hui tout est détruit". Mercedes de Freitas est vénézuélienne et présidente de l'ONG Transparencia Venezuela. Franceinfo l'a rencontrée à Paris dans le cadre du sommet des défenseurs des droits humains. Elle raconte comment se déroule la vie dans son pays. "Au Vénézuela, nous n'avons pas de nourriture, ou en tout cas pas assez pour qu'on y ait accès". Dans ce supermarché, les rayons sont vides. Quand ils sont pleins, un seul produit, une seule marque : de la sauce tomate, mais rien d'autre. "Il y a des choses : par exemple, un rayon plein de mayonnaise, mais la semaine d'après, il n'y a plus de mayonnaise ! Le FMI estime qu'on a une inflation de 1 000 000 % en 2018. C'est fou : tu vas au supermarché, et tu n'as aucune idée de combien ça va coûter. Tu es obligé de prendre la caisse de nourriture que le gouvernement te donne à un prix contrôlé. Mais pour obtenir cette caisse de nourriture, on te demande de soutenir le gouvernement, à travers une petite carte qu'on appelle 'carnet de la patrie' dans lequel sont consignées toutes tes données".

Des millions de personnes fuient

Le pays est gouverné depuis 2013 par Nicolas Maduro, héritier du socialisme révolutionnaire d'Hugo Chavez. "Tout ça s'aggrave quand on essaie de protester, surtout les jeunes qui vont dans la rue. À différents moments de ces dernières années, les gens sont sortis en masse pour protester pour leurs droits, et la répression a été brute. La situation est tellement grave qu'il y a une masse immense de Vénézuéliens, des millions, qui fuient le pays. La Colombie a annoncé qu'il y avait un million de Vénézuéliens sur son territoire. C'est énorme". Mais elle, elle ne veut pas partir parce qu'elle veut se battre pour son pays.

Des migrants se dirigent vers le Pérou, à Tulcan (Equateur), le 21 août 2018.
Des migrants se dirigent vers le Pérou, à Tulcan (Equateur), le 21 août 2018. (ANDRES ROJAS / REUTERS)