Le Venezuela sombre dans le chaos, 10 personnes tuées lors de l'élection de l'Assemblée constituante

Ces nouvelles violences portent à plus de 120 morts le bilan de quatre mois de mobilisation pour réclamer le départ du chef d'Etat, Nicolas Maduro.

Un manifestant de l\'opposition lors de l\'élection de l\'Assemblée constituante, à Caracas (Venezuela), le 30 juillet 2017.
Un manifestant de l'opposition lors de l'élection de l'Assemblée constituante, à Caracas (Venezuela), le 30 juillet 2017. (JUAN BARRETO / AFP)

Dix morts, des jets de pierre, des cocktails Molotov... Le Venezuela a connu une nouvelle vague de violences, dimanche 30 juillet, jour de l'élection de l'Assemblée constituante. Ce vote, voulu par le président socialiste, Nicolas Maduro, était boycotté par l'opposition qui dénonçait un "processus frauduleux". Au total, 41,53% des électeurs ont voté. De nouvelles manifestations sont prévues dans le pays, lundi 31 juillet et mercredi 2 août.

Opposants et forces de l'ordre se sont affrontés dimanche à Cararas, la capitale, et dans d'autres villes du pays, à coups de balles en caoutchouc, de bombes de gaz lacrymogènes contre jets de pierre et cocktails Molotov, lors de batailles rangées parfois meurtrières. Le bilan est très lourd : dix personnes sont mortes, dont deux adolescents de 13 et 17 ans.

De nouvelles manifestations prévues

Quatre personnes sont décédées dans l'Etat de Tachira (Ouest), frontalier avec la Colombie, lors de manifestations. Trois hommes ont été tués dans l'Etat de Mérida (Ouest), un dans l'Etat de Lara (Nord), un dans l'Etat de Zulia (Nord) et un dirigeant de l'opposition dans l'Etat de Sucre (Nord), a précisé le parquet.

Les manifestations qui durent depuis plusieurs mois et qui ont fait plus d'une centaine de morts devraient donc reprendre dès lundi. "Nous ne reconnaissons pas ce processus frauduleux. Pour nous, il est nul, il n'existe pas", a déclaré le leader de l'opposition Henrique Capriles, en dénonçant un "massacre" et une "fraude".

Un "pas vers la dictature" selon l'ONU

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a averti que le Venezuela avait fait un "pas vers la dictature". Washington, qui a infligé des sanctions financières à 13 anciens et actuels responsables gouvernementaux vénézuéliens, a menacé d'en prendre de nouvelles.

Outre les Etats-Unis, la Colombie, le Panama, le Pérou, l'Argentine et le Costa Rica ont annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas la Constituante. La Bolivie a dénoncé leur soumission au gouvernement américain.