Le Venezuela privé d'électricité, les habitants tentent de survivre

Depuis jeudi soir, la quasi-totalité du Vénézuela est privée d'électricité. Le gouvernement dénonce un sabotage des États-Unis. En attendant, les Vénézuéliens tentent de survivre.

Des habitants de Caracas marchent dans la rue alors que tout le courant est coupé. (Illustration)
Des habitants de Caracas marchent dans la rue alors que tout le courant est coupé. (Illustration) (RAYNER PENA / MAXPPP)

Le Venezuela n'a plus d'électricité depuis jeudi 7 mars. La quasi-totalité du territoire est privée de courant malgré quelques retours furtifs notamment à Caracas. Selon le gouvernement, il s'agit d'un sabotage orchestré par les États-Unis. L’opposition accuse de son côté les autorités de ne plus entretenir le réseau électrique depuis des années. 

En attendant, les Vénézuéliens tentent de survivre alors que le pays est paralysé. Rien qu'aller faire les courses est devenu presque impossible : la plupart des commerces et des supermarchés sont fermés. À cause de l’hyperinflation, les billets ont presque disparu et la panne de courant rend les terminaux bancaires inutilisables.

Plus de frigo, donc plus de produits frais

À l’entrée de Petare, le plus grand bidonville du Venezuela, près de Caracas, des centaines de personnes attendent devant des petits commerces dotés de générateurs. "Il n’y a presque plus aucun magasin avec de l’électricité et du réseau pour payer, mais ici oui, explique Maria. Il n’y a plus d’argent liquide, donc sans réseau les gens ne peuvent plus payer."
 
Francisco a attendu deux heures pour faire enfin ses courses. Comme son frigidaire ne fonctionne plus, il doit faire des choix. "On essaie d’acheter des aliments non périssables. Du riz, de la farine, des œufs, des choses qui n’ont pas besoin d’être réfrigérées et qui peuvent être conservées."
 
Derrière le comptoir, Ingrid la vendeuse approuve de la tête. Depuis vendredi, elle a perdu tout ce qu’elle gardait au réfrigérateur.

Toute la viande que j’avais a pourri. J’ai dû tout jeter à la poubelle. L’équivalent d’un mois de salaire, envolé.Ingridà franceinfo

La vendeuse reprend : "C’est comme si je n’avais rien fait, j’ai travaillé pour rien."
 
Pour ces personnes issues de quartiers particulièrement populaires, peu leur importe de savoir si la panne est le produit d’un sabotage ou d’un mauvais entretien, ils veulent simplement que ça s’arrête, et que le Venezuela redevienne un pays "normal".