"Celui qui nous a conduit à cette crise politique, c’est Maduro" : au Venezuela, une figure de l'opposition réclame des élections "libres"

Henrique Capriles, avocat qui s'est présenté deux fois à la présidentielle en 2012 et 2013, craint un conflit armé si la crise politique n'est pas réglée.

Juan Guaido, l'opposant vénézuélien autoproclamé président par intérim le 23 janvier dernier, continue sa campagne pour faire accepter au gouvernement de Nicolas Maduro une nouvelle élection présidentielle. Il a présenté vendredi 1er février son plan pour sortir le Venezuela du désastre économique et social. Pour Henrique Capriles, figure historique de l'opposition, Nicolas Maduro est responsable de l'état du pays.

"Celui qui nous a conduit à cette crise politique, c’est Maduro, ce n’est pas l’opposition, commente cet avocat qui s'est présenté deux fois à l'élection présidentielle, en 2012 et 2013. Maintenant, comment cette opposition peut-elle débloquer le jeu ? En faisant en sorte que Maduro accepte des élections libres,  démocratiques, avec un pouvoir électoral indépendant sous observation internationale. Ses amis, ses alliés peuvent venir, mais que les autres soient aussi présents. Les Nations unies, l’organisation des États d’Amérique, l’Union européenne"

Risque de conflit armé

"Maintenant, la position intransigeante du gouvernement nous conduit à une escalade, parce qu’il fait semblant de vouloir s’ouvrir, poursuit Henrique Capriles. Il parle de dialogue mais un dialogue qui n’aboutirait pas à une solution politique, ou une négociation mais pour que rien ne change au Venezuela. C’est inacceptable."

L’ancien candidat de l’opposition estime qu’il y a un véritable risque de conflit armé sur le territoire vénézuélien. Les États-Unis ont d’ailleurs affirmé que toutes les options étaient sur la table. Nicolas Maduro est le seul à pouvoir éviter cette issue.

Pourquoi Maduro ne veut-il pas de ces élections ? Parce qu’il va les perdre. Donc son jeu n’est pas démocratique. Son jeu c’est de s’accrocher au pouvoir par la force.

Henrique Capriles

à franceinfo

"Les États-Unis n’ont jamais dit qu’ils souhaitaient une intervention militaire, assure-t-il. Ils n’écartent pas ce scénario de mise sous pression. Il ne faut pas oublier que le problème vénézuélien est un problème pour toute la région à cause des déplacés. On parle de cinq millions de personnes. La Colombie reçoit 6 000 personnes par jour. Même la France ne pourrait pas recevoir 6 000 Vénézuéliens chaque jour. Donc cette situation, cet isolement, ces sanctions, cette escalade, cette pression… si demain Maduro accepte une nouvelle élection, tout est fini."

Henrique Capriles, figure de l\'opposition au Venezuela, le 6 août 2017 (photo d\'illustration).
Henrique Capriles, figure de l'opposition au Venezuela, le 6 août 2017 (photo d'illustration). (FEDERICO PARRA / AFP)