Le Parti socialiste veut une commission d'enquête sur la pédophilie dans l'Eglise

La plupart des groupes politiques à l'Assemblée ne sont pas hostiles au principe d'une telle commission. Mais aucun n'est pour l'instant prêt à utiliser son "droit de tirage".

L\'Assemblée nationale, à Paris, le 12 septembre 2018.
L'Assemblée nationale, à Paris, le 12 septembre 2018. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le Parti socialiste veut obtenir la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les crimes pédophiles commis dans l'Eglise catholique, a déclaré mardi 2 octobre le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud. Il a annoncé que la présidente du groupe, Valérie Rabault, allait écrire au président de l'Assemblée pour qu'il crée une telle commission plutôt que d'utiliser son "droit de tirage" (qui permet l’inscription à l’ordre du jour d’une proposition de résolution). Le porte-parole s'est justifié en avançant que "sur des sujets comme cela, il est toujours utile d'essayer de rassembler le plus largement possible."

Les réactions des autres groupes politiques sont très diverses. Les députés communistes veulent "que la clarté soit faite" mais ils souhaitent "élargir le champ de cette commission", ce qui permettrait de ne pas "circonscrire la question de la pédophilie à l'Eglise catholique", a indiqué un porte-parole, Elsa Faucillon.

Seuls Les Républicains s'y opposent

A l'inverse, Christian Jacob, patron des députés LR, juge qu'"on utilise une commission d'enquête parlementaire sur des missions de contrôle" de l'exécutif. Sur les abus sexuels dans l'Eglise, "on n'est clairement pas dans ce cadre" et "ce sont des faits extrêmement graves qui relèvent de la justice", a-t-il déclaré en conférence de presse. Pour l'instant, aucun groupe n'est prêt à utiliser son "droit de tirage" (une fois par session ordinaire) pour obtenir son ouverture.

Ces discussions entre députés ont lieu après l'appel d'un groupe de personnalités réunissant des religieux, d'ex-ministres, des avocats et des victimes, ce week-end, pour la mise en place d'une telle commission parlementaire afin de "faire la lumière sur le passé pour éviter qu'il ne se reproduise".