Fessenheim, Notre-Dame-des-Landes, chômage... Sarkozy tire à boulets rouges sur Hollande (et Macron)

Le président des Républicains accorde une longue interview au Journal du dimanche. 

Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, lors d\'un discours au siège du parti le 9 avril 2016. 
Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, lors d'un discours au siège du parti le 9 avril 2016.  (SEVGI / SIPA)

Nicolas Sarkozy est vraiment entré en campagne. Le patron des Républicains ne retient plus ses coups contre François Hollande, dans une interview publiée par le Journal du dimanche, samedi 30 avril. Le chef de l'opposition passe en revue plusieurs chantiers du président et de l'executif en général, pour les démonter un à un. 

La fermeture de la centrale de Fessenheim

La fermeture de la centrale de Fessenheim ? "Une erreur historique", commise par "pure tactique électorale", lance Nicolas Sarkozy, promettant d'abroger l'objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production électrique française à l'horizon 2025, s'il revient au pouvoir en 2017.

L'interdiction de la recherche sur le gaz de schiste 

"Il ne s’agit pas de savoir si l’on est pour ou contre le gaz de schiste, mais de laisser la recherche se poursuivre", plaide l'ancien président.

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes 

Quant au projet contesté de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Nicolas Sarkozy critique la gestion de la situation par l'exécutif : "Si nous revenons aux responsabilités, accepterons-nous l’occupation de parcelles entières de la République française par des zadistes? La réponse est non."

La baisse du nombre de demandeurs d'emploi en mars

Sur le plan économique, il estime que la France ne va pas mieux, contraîrement aux déclarations de François Hollande après la publication des chiffres du chomage du mois de mars. "Les Français ne sont pas dupes des opérations de communication. Si nous prenons les trois catégories de chômeurs (A, B et C), le chômage a diminué le mois dernier de… 8 700 personnes. Pour la seule catégorie A, il a augmenté de 610 000 personnes depuis que Hollande est arrivé", argumente le leader du parti de droite.

Le projet de réforme du Code du travail

Nicolas Sarkozy n'est pas plus tendre avec le projet de réforme du Code de travail. "La loi El Khomri, c’est le Cid à l’envers : nous sommes partis 500 pour arriver 3 000 au port… Là, nous sommes partis pour assouplir le droit du travail et nous arrivons avec un projet de loi dont on nous dit qu’il va durcir les CDD et qu’il ne va pas assouplir les CDI. C’est exactement le contraire de ce qu’il fallait faire", tance-t-il.

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron

Emmanuel Macron en prend aussi pour son grade dans cette interview. Nicolas Sarkozy estime que le ministre de l'Economie fait preuve de "cynisme" quand il "critique la politique qu'il est en charge d'appliquer".  Le président des Républicains s'oppose aussi indirectement à la volonté d'Emmanuel Macron de rassembler droite et gauche. "Quand il n'y a plus de confrontation, quand il n'y a plus qu'une pensée unique, au fond quand il n'y a plus qu'à choisir entre une coalition molle et les extrêmes, on a une extrême droite à 35 % et des partis de gouvernement à 11 %", juge-t-il, en référence à la situation en Autriche où l'extrême droite est arrivée largement en tête du premier tour de la présidentielle.