Cet article date de plus de quatre ans.

Emménagement à Rome, cours d'italien... La nouvelle vie des réfugiés syriens accueillis par le pape

Les trois familles, de confessions musulmanes, revenues de Lesbos avec le pape François ont commencé à prendre leurs marques, en Italie. 

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le pape François accueille une famille de réfugiés syriens venant de Lesbos (Grèce) à la sortie de son avion, le 16 avril 2016 à l'aéroport de Ciampino à Rome (Italie).  (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Ils ont quitté la Syrie, ont attendu en Grèce et découvrent désormais leur nouvelle vie en Italie. Les douze réfugiés syriens, ramenés samedi de Lesbos à Rome par le pape François, ont commencé à prendre leur premier cours d'italien, rapporte, lundi 18 avril, Maximiliano Signifredi, un porte-parole de la communauté Sant'Egidio qui les héberge provisoirement. Une première étape dans ce qui est désormais leur quotidien et que francetv info vous raconte. 

Un voyage à l'abri des journalistes

Accompagnés de leurs six enfants, Hasan et Nour, Osama et Wafa, Ramy et Suhila sont montés, samedi, dans l'avion papal. Destination : l'Italie. Selon La Croix, les invités inattendus de ce vol retour sont restés éloignés des médias tout au long des deux heures de vol entre Lesbos et Rome. Les trois familles sont d'ailleurs montées à bord de l'A320 par l'avant, "comme le pape et sa délégation, et non par l'arrière, comme la presse"

Ce voyage impromptu a été l'occasion pour certains d'exprimer leur gratitude via-à-vis du pape, à l'instar de Nour, une microbiologiste ayant fui Damas avec son mari et son fils de deux ans. "C'est émouvant, je suis très impressionnée et très contente d'être dans le même avion avec le pape. Il s'est déplacé pour nous saluer et je lui ai dit : 'Merci pour tout ce que vous avez fait pour nous'. Il m'a souri", a ainsi raconté la femme, en français, sur RTL. Selon le quotidien italien La Stampa, les trois familles ont remercié le pape de leur avoir "redonné la vie"

Une nouvelle vie dans la capitale italienne

A leur arrivée à Rome, les douze réfugiés syriens ont subi une longe procédure d'identification à l'aéroport, comme le veut la législation italienne. Elles ont ensuite été dirigées vers le siège de la communauté de Sant'Egidio, dans le quartier romain du Trastevere. Selon le président de cette communauté interrogé par La Croix : "Elles ont retrouvé d'autres familles syriennes que nous accueillons et nous avons fait un dîner avec un menu syrien."

Dans un premier temps, les douze réfugiés, dont quatre enfants et deux adolescents, vont tous vivre dans ce secteur de la capitale italienne, au sein d'un même immeuble. Chaque famille y dispose d'un petit appartement tout équipé, avec eau chaude et électricité, souligne RTL. L'immeuble accueille aussi 80 autres personnes, dont des familles de Syriens arrivées récemment du Liban grâce au "couloir humanitaire" mis en place par Sant'Egidio et d'autres organisations religieuses. 

Dans quelques jours ou quelques semaines, les trois familles venues de Lesbos déménageront dans des appartements plus spacieux, toujours en préparation, au Vatican, qui en a l'entière charge financière. Elles y rejoindront deux familles de réfugiés syriens chrétiens déjà accueillies par le souverain pontife depuis l'automne 2015.

L'objectif d'une bonne insertion dans le pays

Dès dimanche, les membres des trois familles "ont pris leurs premières leçons d'italien", a rapporté Maximiliano Signifredi, porte-parole de la communauté Sant'Egidio qui dispose de son propre réseau d'écoles de langue et de culture italienne. C'est un premier pas vers leur intégration. La communauté s'est d'ailleurs engagée à les aider à s'insérer dans le monde du travail. 

Mais il reste à régler quelques détails concernant leur situation administrative. Arrivées en Grèce avant l'entrée en vigueur de l'accord entre l'Union européenne et la Turquie, ces trois familles n'étaient pas vouées à être renvoyées. Il est probable qu'elles déposent ensuite une demande d'asile en Italie.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.