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Election du pape François : "C'est un coup de tonnerre pour l'Eglise"

Analyse de l'élection de l'Argentin Jorge Mario Bergoglio avec un spécialiste des questions religieuses. 

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Propos recueillis par - Julie Rasplus
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le pape François Ier, fraîchement élu, s'adresse aux fidèles réunis place Saint-Pierre au Vatican, le 13 mars 2013. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

Il est Argentin et est devenu, mercredi 13 mars, le 266e pape. Jorge Mario Bergoglio, rebaptisé François, a été élu nouveau pape par les 115 cardinaux réunis en conclave au Vatican (Italie). Que faut-il retenir de cette élection ? Francetv info a interrogé Philippe Harrouard, consultant sur France 2 pour les questions de religion. 

Francetv info : Ce pape a été élu très rapidement, après seulement deux jours de conclave. Qu'est-ce que cela révèle ? 

Philippe Harrouard : Jorge Mario Bergoglio a été élu très rapidement, mais surtout il ne faisait pas partie des favoris. Cela prouve que les un ou deux favoris ont recueilli un certain nombre de voix, mais qu'il y a eu blocage. Les cardinaux ont compris que cela n'irait pas plus loin, et se sont donc réorientés vers l'Argentin. Il n'est pas totalement inconnu : son nom avait été évoqué il y a huit ans. Bergoglio semble avoir été le concurrent de Joseph Ratzinger lors du conclave de 2005. Les cardinaux s'en sont visiblement souvenus et l'ont choisi.

Vous l'avez dit, son nom est une surprise. Qu'est-ce que cela va changer ? 

C'est un coup de tonnerre pour l'Eglise. C'est la première fois qu'on élit un pape sud-américain et argentin. Jorge Mario Bergoglio est très connu pour être l'évêque des pauvres. Il a par exemple vendu son archevêché au profit des plus indigents et habite un petit appartement, il prend souvent le bus... Enfin, il a choisi un nom - François - qui fait allusion à Saint François d'Assise, le frère des plus pauvres. D'un coup, on passe de la richesse à l'humilité.

A votre avis, comment le nouveau pape va-t-il être accueilli par les fidèles et dans le monde catholique ?  

François a déjà été très bien accueilli par les fidèles réunis sur la place Saint-Pierre à Rome. Mais ce qui a frappé les gens, c'est qu'il a demandé au peuple de prier pour lui. Il s'est mis à la hauteur du peuple. C'est un pape humble, et cela est très intéressant. Tous ceux qui pensent que l'Eglise doit changer de visage vont être contents de ce choix. Mais il faut encore savoir avec qui il va gouverner et quel secrétaire général il va choisir pour réformer l'Eglise. 

Quels sont les défis qui attendent François ? 

Ses défis sont bien connus. Il doit d'abord prêcher l'évangile dans un monde de plus en plus sécularisé. Il faut ensuite réformer l'image de la Curie afin qu'elle ne soit pas écornée. Et puis, il va devoir donner plus de pouvoir, de résonance aux Eglises locales, afin qu'il n'y ait pas d'autoritarisme. Vous savez, sur la tradition et le dogme, il ne faut pas s'attendre à beaucoup de changements. Le pape n'est pas fait pour cela, mais pour conduire l'Eglise. 

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