Le Vatican bloque la nomination d'un ambassadeur de France en raison de son homosexualité supposée

Laurent Stefanini a été nommé en Conseil des ministres, le 5 janvier. Mais le poste d'ambassadeur de France au Saint-Siège, qu'il devait occuper, est toujours vacant.

Laurent Stefanini, chef de protocole de l\'Elysée, aux côtés de François Hollande et Mariano Rajoy au palais présidentiel, à Paris, le 1er décembre 2014.
Laurent Stefanini, chef de protocole de l'Elysée, aux côtés de François Hollande et Mariano Rajoy au palais présidentiel, à Paris, le 1er décembre 2014. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Laurent Stefanini a été nommé en Conseil des ministres, le 5 janvier dernier. Mais depuis, le poste d'ambassadeur de France près le Saint-Siège, qu'il devait occuper, est toujours vacant, le Vatican ayant bloqué sa nomination, racontent Le Canard enchaîné et Le Monde (réservé aux abonnés).

Un CV taillé pour le poste

Le CV de l'actuel chef du protocole de l'Elysée semble pourtant taillé pour le job : numéro 2 de l'ambassade de 2001 à 2005, Laurent Stefanini est un catholique pratiquant, adepte des vertus chrétiennes de "tempérance" et de "charité", détaille Le Monde. Parfait, à un détail près : l'homosexualité supposée du prétendant au poste ne serait pas du goût du Saint-Siège, explique le journal.

Laurent Stefanini a bénéficié d'une campagne de soutien, avec notamment une lettre du cardinal André Vingt-Trois, selon Le Monde, mais a dû faire face à l'opposition d'autres figures catholiques, comme Ludovine de la Rochère, explique le JDD. D'après l'hebdomadaire, la présidente de la Manif pour tous a activé tous ses réseaux pour bloquer sa nomination. Une version démentie par Ludovine de la Rochère.

Une décision du pape François ?

In fine, la décision aurait été prise par le pape François lui-même, assure au JDD un habitué des arcanes vaticanes. Le souverain pontife avait pourtant adopté un discours plus mesuré à l'égard des homosexuels. "Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ?", avait-il lancé en juillet 2013, quelques mois avant de premiers travaux controversés d'un synode sur la famille. Le changement de ton n'avait pas plu à tout le monde au Vatican.