Cet article date de plus de six ans.

«Lapins», «coup de poing», «bordel»: le franc-parler du pape François

Le pape François a dernièrement eu recours à des expressions fortement imagées et peu orthodoxes qui ont pu amuser mais aussi choquer. Après avoir reproché aux catholiques de procréer «comme des lapins», le Saint-Père a, semble-t-il, voulu corrigé le tir.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le pape François dans l'avion qui le ramène à Rome, le 19 Janvier 2015, après une visite triomphale aux Philippines et au Sri Lanka.
Volte-face. «C'est une consolation et une espérance que de voir tant de familles nombreuses accueillir les enfants comme un vrai don de Dieu», a déclaré le pape argentin, le 21 janvier 2015 à Rome, au cours de l'audience générale traditionnelle du mercredi. «Nous nous sommes habitués à voir les personnes rejetées. C'est cela la principale cause de la pauvreté, non pas les familles nombreuses», a-t-il ajouté. 

Mais c’est un tout autre discours que le souverain pontife avait tenu deux jours plus tôt assénant des propos jugés par certains bien peu «catholiques», à l'encontre des familles trop nombreuses. Le 19 janvier 2015, dans l’avion qui le ramenait de Manille à Rome, François avait défendu la position de l'Eglise sur la «paternité responsable» et raconté sa rencontre avec une femme il y a quelques mois, enceinte d'un huitième enfant après avoir subi sept césariennes, la jugeant «irresponsable». Les chrétiens n’ont pas à procréer «comme des lapins», avait lâché Jorge Bergoglio devant les journalistes.


Plus tôt encore, le 15 janvier, François avait déclaré, dans l'avion qui le conduisait du Sri Lanka au Philippines, aux mêmes journalistes qui l’interrogeaient sur la liberté de la presse et l'offense qu'elle peut susciter (après l'attentat de Charlie Hebdo): «Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s'attendre à un coup de poing, et c'est normal», ajoutant qu'il y avait «des limites» à la liberté d'expression.

Mises au point 
En ayant recours à un langage qui se veut au plus près des gens, le pape lui-même ou son entourage se voit dans l'obligation ensuite de faire des mises au point. Quand le souverain pontife parle d'un «coup de poing» en réponse à une insulte, «il n'est évidemment pas en train d'inciter à la violence», a rectifié aux Philippines, le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

«Une saillie certes pas très catholique, mais très sympathique», a commenté pour sa part Massimo Cacciari, philosophe proche de la gauche et ancien maire de Venise. Le directeur du quotidien catholique italien Avvenire, Marco Tarquinio, a qualifié le message de «tout simplement génial» car, en ayant recours à la figure de la mère, il a touché croyants et non croyants. 

Sur le fond, les propos de Jorge Bergoglio restent conformes à la position officielle de l'Eglise. Même si la forme a de quoi, comme le rappelle le blogueur Patrick de Plunkett«faire tousser dans les salons intégristes», habitués au style plus policé de ses prédécesseurs.

Pour autant, le pape n'en est pas à sa première déclaration tonitruante. Lors des JMJ au Brésil, en juillet 2013, il avait clamé: «Mettez le bordel! Mettez le feu dans les diocèses! Ne restez pas enfermés dans vos communautés. L'Église doit sortir dans la rue».

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Vatican

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.