Etats-Unis : le quotidien "The Kansas City Star" s'excuse pour des décennies de couverture raciste contre les Noirs

Ces discriminations ont entraîné un "manque de confiance et de crédibilité" du journal au sein de la communauté noire, a déploré le rédacteur en chef du journal.

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Des manifestants dénoncent le racisme et les violences policières à Kansas City, dans le Missouri, le 31 mai 2020. (JAMIE SQUIRE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Le patron du Kansas City Star a présenté ses excuses au nom du quotidien américain, lundi 21 décembre, pour des décennies de couverture raciste et discriminatoire à l'encontre des Noirs. "Alors que nous avons écrit cette année sur le racisme systémique à Kansas City", après la mort de George Floyd et les manifestations nationales qui ont suivi, "nous ne nous sommes jamais mis sous le microscope pour essayer de mieux comprendre comment le 'Star' avait couvert la communauté noire pendant des années", a expliqué sur CNN (article en anglais) Mike Fannin, président et rédacteur en chef du journal du Missouri.

Mike Fannin a signé dimanche un long éditorial (en anglais) dans lequel il raconte "l'histoire d'une puissante entreprise locale qui a fait du mal". "Depuis 140 ans, cette entreprise est l'une des forces les plus influentes à avoir modelé Kansas City et sa région. Et pourtant pendant longtemps, au début de son histoire (...), elle a écarté, ignoré et méprisé des générations de résidents noirs", a-t-il écrit. Ce travail d'introspection intervient alors que les Etats-Unis se penchent depuis le printemps sur leur passé raciste et ségrégationniste, au milieu d'une vague de protestations historique contre les discriminations et les violences policières.

"C'est un début"

The Kansas City Star, dont le lectorat est largement blanc, a publié dimanche une série de six enquêtes. Elles montrent une couverture qui a ignoré pendant des années la minorité noire de la région, sauf quand ses membres étaient accusés de crimes. Il a fallu par exemple attendre la mort en 1955 de Charlie Parker pour que le quotidien écrive vraiment sur cette légende du jazz, natif de Kansas City. Mais il n'a eu droit qu'à quatre paragraphes de nécrologie dans le journal, qui a par ailleurs écorché son nom et s'est trompé sur son âge.

En 1977, le "Star" s'est aussi concentré sur les dégâts provoqués par une inondation pour les commerces blancs, plutôt que sur les 25 morts de la catastrophe, dont huit Afro-Américains. Ces discriminations ont entraîné un "manque de confiance et de crédibilité" du journal au sein de la communauté noire, a déploré Mike Fannin. "Nous ne sommes certainement pas parfaits aujourd'hui, a-t-il ajouté. Il reste beaucoup de travail, mais au moins c'est un début."

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