Procès en destitution: Trump accusé d'être un "danger" pour la démocratie

Le procès en destitution de Donald Trump s'est poursuivi, vendredi 24 janvier, devant le Sénat américain.

Le représentant Adam Schiff, l\'un des procureurs de Donald Trump pour son procès en destitution, le 24 janvier 2020 à Washington (Etats-Unis).
Le représentant Adam Schiff, l'un des procureurs de Donald Trump pour son procès en destitution, le 24 janvier 2020 à Washington (Etats-Unis). (ALEX WROBLEWSKI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Les procureurs démocrates au Sénat ont accusé, vendredi 24 janvier, Donald Trump d'être un "danger" pour la démocratie, dans un réquisitoire adressé autant aux électeurs américains qu'aux élus chargés de juger si le président mérite d'être destitué. Après deux jours à la barre, l'accusation a repris à la mi-journée sa présentation des reproches adressés au président, le troisième seulement de l'Histoire des Etats-Unis à subir un procès en destitution au Sénat.

Leur déroulé méthodique des faits, entrecoupé d'extraits vidéo, de références historiques et d'envolées lyriques a dressé un portrait peu flatteur de l'impétueux milliardaire républicain. "Le président a tendance à mettre ses intérêts avant ceux du pays : c'est 'Trump d'abord et pas l'Amérique d'abord'", a assené le procureur en chef Adam Schiff, élu de la Chambre des représentants, en référence au slogan de campagne de l'ancien magnat de l'immobilier.

"Il a travaillé dur pour étouffer l'affaire"

Sa conduite "met en danger notre sécurité nationale, a-t-il poursuivi. Notre démocratie est en jeu, c'est aussi simple que ça". Les faits au coeur du procès sont peu contestés : Donald Trump a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, adversaire potentiel à la présidentielle de novembre, en même temps qu'il gelait une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie. 

Pour l'opposition, le président a utilisé les moyens de l'Etat pour faire pression sur Kiev afin de "salir" son rival. "En d'autres termes, pour tricher à l'élection", selon Adam Schiff. Une fois "démasqué", après l'intervention d'un mystérieux lanceur d'alerte, "il a travaillé dur pour étouffer l'affaire" et bloquer l'enquête du Congrès, a ajouté Hakeem Jeffries.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, l'a donc mis en accusation le 18 décembre pour "abus de pouvoir" et "entrave au travail du Congrès". Pas un seul républicain n'a apporté sa voix à ce vote d'"impeachment". Cette solidarité des élus républicains devraient permettre à Donald Trump d'être rapidement acquitté, son parti restant majoritaire au Sénat, avec 53 sièges sur 100. L'opposition espère toutefois écorner son image, alors qu'il est en pleine campagne de réélection. Le leader des sénateurs démocrates Chuck Schumer a reconnu que des propos "poignants" d'Adam Schiff jeudi soir sur l'importance du "bien et de la vérité" "s'adressait au bon sens des Américains".