Présidentielle américaine : en France, seule l'extrême droite se réjouit de la victoire de Trump

Après l'annonce des résultats de l'élection présidentielle américaine, qui donnent Donald Trump gagnant, les politiques français réagissent, mercredi.

Avant même l\'annonce du résultat officiel, la présidente du Front National, Marine Le Pen, a félicité Donald Trump sur Twitter pour sa victoire.
Avant même l'annonce du résultat officiel, la présidente du Front National, Marine Le Pen, a félicité Donald Trump sur Twitter pour sa victoire. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Nombreux sont les représentants politiques à réagir mercredi 9 novembre à l'annonce de la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, pour le féliciter ou déplorer ce résultat.

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Marine Le Pen et sa nièce félicitent Trump et lui souhaitent "Good luck"

Marine Le Pen, présidente du Front national, a tweeté avant même l'annonce officielle du résultat : "Félicitations au nouveau président des Etats-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre !" 

Marion Maréchal-Le Pen, député du Front National,  a tweeté "Victoire de la démocratie et du peuple face aux élites, à Wall Street et au politiquement correct médiatique. Good luck @realDonaldTrump !"

Christine Boutin, présidente d'honneur du Parti Chrétien Démocrate se réjouit également. "La victoire #Trump est un symbole comparable à la chute du mur de Berlin, c'est la fin d'un cycle, la chute du néolibéralisme libertarien."

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France voit dans cette élection un signal positif pour son mouvement en 2017."L'élection de Trump démontre que rien n'est impossible en politique. Notre pays mérite une alternative forte mais sérieuse "

La droite entre crainte de la "démagogie" et de "l'extrémisme" et "refus d'une pensée unique"

Alain Juppé, ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères, favori des sondages pour la primaire de la droite, s'est exprimé dans un communiqué"Aux Français, je veux souligner tous les risques que la démagogie et l'extrémisme font courir à la démocratie et le caractère vital des choix qu'ils ont à faire."

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, a réagi lors d'une allocution et sur Twitter. "Le peuple américain a décidé de porter @realDonaldTrump à la Présidence des Etats-Unis d’Amérique. C'est un choix qui doit être respecté". Puis il a ajouté : "Il y a entre nos deux pays un lien indestructible. La France est, et sera toujours l’amie et l’alliée des Etats-Unis, mais un ami et un allié libre". Nicolas Sarkozy a surtout mis l'accent sur  le fait que cette victoire "exprime le refus d'une pensée unique".

François Fillon, ancien premier ministre et candidat à la primaire de la droite, a réagi sur Twitter, reprenant un discours du Général De Gaulle. "Notre pays est aujourd'hui comme en 1958, face au choix de "se réformer ou se briser." #9novembre"

Jean-François Copé, candidat à la primaire de la droite, sur Facebook : "C'est une leçon d'humilité, ne regardons pas de haut ces Américains qui auraient mal voté, respectons leur choix. (...) C'est l'Amérique de toutes les colères qui a gagné, (...) elles s'expriment en France de la même manière".

Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite : "C'est la victoire du candidat qui a écouté le peuple américain et c'est la victoire d'un candidat qui n'a jamais dirigé les Etats-Unis et qui répond à cette volonté de transformation de la vie politique."

Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite, a lui aussi réagi à l'élection du candidat républicain. "Félicitations à Donald #Trump nouveau Président des Etats-Unis. Après #Brexit nouvelle victoire des électeurs contre le système."

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a estimé sur franceinfo qu'il y a "une leçon en matière d'indépendance à tirer de cette élection", avant d'évoquer les "trois visages" du candidat élu. 

Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains : "Lorsque le peuple se sent ignoré et méprisé, il trouve un moyen de se faire entendre. Ce vote est notamment la conséquence d'une révolte des classes moyennes contre une élite dirigeante qui veut imposer ce qu'elles doivent penser." 

Nadine Morano, députée européenne (LR): "Quand les médias veulent imposer leur choix, le peuple leur inflige la raclée par les urnes".

Pour François Bayrou, président du Modem, "L’élection de Donald Trump va marquer le monde pour une longue période", ajoutant "partout sur la planète les peuples refusent l’ordre établi d’où ils se sentent rejetés. Mais le changement qu’ils cherchent, ils croient le trouver au travers des excès, des caricatures, des retours en arrière et des rejets. Et c’est là qu’est le danger."

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, semble inquiet. "La victoire de Trump montre combien nous devons construire une fédération européenne pour ne plus dépendre à ce point des USA."

A gauche, le constat d'un "rejet du système" et d'une "régression"

Manuel Valls, Premier ministre, sur Twitter : "Le peuple américain a fait un choix souverain. Cette nouvelle donne mondiale, il faut la regarder en face en restant fidèles à nos valeurs."

Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, a tenu a rappeler que "la France est l'alliée des Etats-Unis, partenaire des Etats-Unis. Nous avons besoin de travailler ensemble pour un monde équilibré, pour un monde de paix, pour un monde aussi qui traite les questions du monde. (...) Il faut surtout que l'Europe ne flanche pas. Après le Brexit, après l'élection de Donald Trump, il faut que l'Europe soit plus solidaire"

Ségolène Royal, ministre de l'Environnement : "Donald Trump a défendu pendant cette campagne des avis absolument invraisemblables, il a remis en cause les effets du dérèglement climatique, du réchauffement climatique. Or le dérèglement climatique, je pense, est le défi de ce siècle."

Jean-Vincent Placé, secrétaire d’État à la Réforme de l'État et à la Simplification, estime que la France doit se rassembler : "#Brexit #Trump... la gauche, les écologistes, les démocrates, les progressistes doivent se rassembler #unite"

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, sur Twitter : "La Gauche est prévenue ! Continuons nos enfantillages irresponsables et ça sera Marine Le Pen. #Presidentielle2017."

Anne Hidalgo, maire de Paris, estime que "le choc est brutal (...) Ce résultat marque une profonde fracture au sein de la société américaine (...). Cette problématique doit nous interroger, elle n'est pas propre aux Etats-Unis".

Yann Galut, député socialiste, tire la sonnette d'alarme : "#Brexit #Trump #LePen ? Le pire est toujours possible en politique quand les élites méprisent le peuple... #leçon #urgencedémocratique."

Christian Paul, député socialiste : "Désormais, la seule réponse à Trump, c'est d'élire un Roosevelt français, pour redresser, transformer et protéger la France et l'Europe".

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste et candidate à la primaire de la gauche, estime que "les peuples rejettent le système dominant. Lorsque la gauche ne porte pas une alternative, ils choisissent les thèses de l'extrême droite."

François de Rugy, candidat à la primaire de la gauche, met en garde les Français : "Aux #EtatsUnis la régression n'est plus seulement une tentation mais une réalité. Faisons tout pour que la #France garde l'espoir du progrès." Le député écologiste a parlé d'un "choc" pour les Etats-Unis et le monde. Selon lui, "la tentation de la régression est désormais une réalité" et il appelle à en tirer "les enseignements en France".

Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre : "Une défaite de l'establishment. Venant après le Brexit, elle est une nouvelle pierre jetée dans le jardin de la globalisation néolibérale. Elle devrait aussi inciter les Européens à penser l'avenir d'une Europe européenne, de l'Atlantique à la Russie, capable de se déterminer par elle-même, alliée des Etats-Unis mais non alignée sur eux."

Jean-Luc Mélenchon, fondateur de la France Insoumise et candidat à la présidentielle, dénonce la mécanique de la primaire et la candidature Clinton : "Sanders aurait gagné. Les primaires ont été une machine à museler l'énergie populaire. Maintenant, vite descendre du train fou atlantiste."