La fusillade d'Orlando, véritable tournant dans la campagne présidentielle américaine

Les thèmes du contrôle des armes à feu et du terrorisme devraient s'imposer dans la campagne présidentielle aux Etats-Unis, après la plus grave tuerie de l'histoire du pays.

Les deux candidats à la présidentielle américaine, Donald Trump et Hillary Clinton, le 14 janvier et le 4 février 2016.
Les deux candidats à la présidentielle américaine, Donald Trump et Hillary Clinton, le 14 janvier et le 4 février 2016. (DSK / AFP)

La tuerie d'Orlando, qui a coûté la vie à 49 personnes dans une boîte gay de cette ville de Floride, intervient en pleine campagne présidentielle américaine. Hillary Clinton a reporté un meeting commun avec Barack Obama prévu mercredi 15 juin. Donald Trump a, quant à lui, changé le thème de son discours du 13 juin à Manchester, dans le New Hampshire, pour se concentrer sur les thèmes du terrorisme, de l'immigration et de la sécurité nationale.

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Francetv info vous explique en quoi cette attaque terroriste va certainement rebattre les cartes de la campagne électorale, plaçant certains sujets au centre des débats.

Le contrôle des armes à feu : avantage Clinton

Omar Mateen, auteur de la tuerie, a acheté légalement les deux armes qu'il a utilisées dans la boîte de nuit d'Orlando. "Cela nous rappelle une fois encore que les armes de guerre n'ont pas leur place dans nos rues", a déclaré Hillary Clinton. "Nous avons besoin d'écarter les armes comme celles utilisées la nuit dernière des mains de terroristes ou d'autres criminels violents", a-t-elle ajouté.

Le contrôle des armes à feu est un sujet central de la campagne des démocrates pour la présidentielle. Hillary Clinton a souligné qu'elle souhaitait compliquer l'accès aux armes. "Parmi ses propositions on trouve des mesures pour interdire leur vente à ceux dont le casier judiciaire n’est pas vierge ou qui ont des antécédents de problèmes psychologiques connus", explique Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis, à Atlantico.

Donald Trump n'a, de son côté, cessé d'exprimer son soutien au port d'arme aux Etats-Unis. Lors d'un meeting du 7 janvier 2016, il avait notamment déclaré : "Je vais mettre fin aux zones sans armes, dans les écoles et dans les bases militaires. Dès mon premier jour, ce sera signé."

La menace terroriste : avantage Trump

Une enquête pour "acte de terrorisme" a été ouverte par le FBI. Une piste rapidement utilisée par Donald Trump. "Merci de me féliciter d'avoir eu raison sur le terrorisme islamiste. Je ne veux pas de félicitations, je veux de la fermeté et de la vigilance. Nous devons être intelligents", a ainsi écrit le candidat républicain sur Twitter.

Le milliardaire a également annoncé qu'il consacrerait son discours du 13 juin, à Manchester dans le New Hampshire, au "terrorisme, à l'immigration et la sécurité nationale." 

Après les attentats de novembre à Paris et celui de San Bernardino en Californie, Donald Trump avait proposé d'interdire aux musulmans d'entrer aux Etats-Unis. La déclaration avait coïncidé avec une nouvelle envolée dans les sondages, la grande majorité des sympathisants républicains soutenant l'idée. Et après les attaques de Bruxelles, en mars, il avait souligné que le sujet du terrorisme lui tenait à cœur "car j'en parle plus que n'importe qui. Et c'est probablement la raison pour laquelle je suis premier dans les sondages".

Une situation complexe à régler : avantage Clinton

L'ancienne secrétaire d'Etat reste plus compétente pour gérer une crise internationale que Donald Trump aux yeux des Américains, d'après une étude de l'institut de sondages Quinnipiac. Après huit ans passés avec Bill à la Maison Blanche, huit au Sénat et quatre à la tête de la diplomatie américaine, Hillary Clinton a prouvé ses galons de femme d'Etat. C'est l'argument qu'elle assène aux électeurs, rappelant qu'elle était dans le secret de l'opération contre Oussama Ben Laden.

"Ce n'est pas de la téléréalité, c'est la vraie réalité", a-t-elle dit début juin. "Imaginez Donald Trump dans la 'situation room'", a-t-elle ironisé, en parlant de la salle de commandement souterraine de la Maison Blanche. Son communiqué réagissant au massacre d'Orlando a d'ailleurs été ciselé pour la montrer aux faits des complexités du problème.

Les hésitations de Barack Obama : avantage Trump

Donald Trump a également attaqué la côte de popularité de Barack Obama, qui peut servir la cause d'Hillary Clinton, comme l'explique L'Opinion. Le candidat a souligné le caractère hésitant de l'actuel président. Il a dénoncé le laxisme supposé de Barack Obama et l'a étrillé pour son refus de parler de menace "islamiste", un terme que le président évite afin de ne pas stigmatiser l'islam.

"Le président Obama va-t-il enfin mentionner les mots 'terrorisme' et 'islamiste radical' ? S'il ne le fait pas, il devrait démissionner immédiatement par honte", a-t-il déclaré. Il a également appelé Hillary Clinton à se retirer de la course pour les mêmes raisons. 

"Si nous ne devenons pas très rapidement durs et intelligents, nous n'aurons bientôt plus de pays", a-t-il dit. La fusillade d'Orlando est donc "une aubaine pour Donald Trump qui a immédiatement demandé à Barack Obama de démissionner car il n’a pas su employer le mot de terrorisme au cours de son intervention télévisée", décrit Atlantico.