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Avec qui Donald Trump va-t-il gouverner ? "C'est un peu inquiétant car on a autour de lui un vide"

Fraichement élu le mercredi 9 novembre, Donald Trump semble ne pas avoir encore constitué de véritable équipe pour l'entourer à la Maison Blanche. Pour Thomas Snégaroff, historien et spécialiste des Etats-Unis, "c'est un peu inquiétant".

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Radio France
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Donald Trump salue la foule après sa victoire à l'élection présidentielle américaine, le 9 novembre 2016. (DENNIS VAN TINE / MAXPPP)

24 heures après son élection à la tête des États-Unis, Donald Trump va devoir maintenant constituer son équipe, d'ici le 20 janvier 2017, date à laquelle il prendra ses fonctions. Quelle équipe ? De qui va-t-il s'entourer ? "C'est un peu inquiétant car on a autour de lui un vide", a commenté jeudi sur franceinfo Thomas Snégaroff, historien et spécialiste des Etats-Unis.

franceinfo : Donald Trump est-il bien entouré pour gouverner ?

Thomas Snégaroff : C'est un peu inquiétant car on a autour de lui un vide. On commence à avoir des noms, on connaît Mickael Flynn, ce général trois étoiles débarqué de l'administration Obama, qui s'est rapproché très fortement de Trump. Il est très 'va-t-en guerre' et aussi très pro-russe parce qu'on l'a vu plusieurs fois auprès de Vladimir Poutine. Donc voilà un nom mais on peine à définir autour de lui des conseillers.

Les futurs membres de l'administration Trump se trouvaient-ils mercredi autour de Donald Trump sur scène lors de son discours ?

Il y avait notamment Chris Christie qui est en charge de la transition, qui est gouverneur du New Jersey, empêtré dans une affaire judiciaire, pour avoir poussé ses conseillers à mentir. Il y a aussi Kellyanne Conway, son attachée de presse, qui a, tous les jours, essayé de rattraper ses erreurs et de ne pas perdre le vote féminin. Il y a aussi Roger Ailes, l'ancien de Fox, qui a été licencié par Fox pour des problème de harcèlement sexuel et de sexisme. Il est proche de Donald Trump mais je ne sais pas s'il osera en faire son secrétaire général. On a peu de noms c'est assez rare. Mais, historiquement, il arrive qu'un outsider s'entoure de gens nouveaux. Barack Obama est arrivé avec des gens qu'on connaissait assez peu, Bill Clinton on lui avait aussi reproché d'arriver avec des jeunes qui n'y connaissaient rien, John Kennedy en son temps également. Un nouveau président arrive aussi avec des hommes nouveaux, en l'occurrence, on les connaît en général.

On parle de Rudy Giuliani, l'ancien maire de New York, de Newt Gingrich, l'ancien speaker à la chambre, candidat en 2012, ce ne sont pas des jeunes...

Ce n'est pas une jeune génération, c'est le problème aussi de cette campagne, quand vous vous êtes aliéné l'ensemble de la classe politique et de la classe médiatique, il est compliqué ensuite de faire travailler les gens avec vous, ça pose vraiment des interrogations sur l'avenir. On a parlé d'un saut dans l'incertitude et, en effet, on est vraiment dans ce type d'analyse.

Quel rôle pour Mike Pence, son colistier pendant la campagne ?

Il sera difficile pour lui d'exister dans l'ombre de Donald Trump, il l'a même désavoué en public pendant un débat, ce qui est unique dans l'histoire présidentielle américaine. Concrètement il a un rôle à jouer. Sera-t-il un co-président pour Donald Trump ? Ce n'est pas inenvisageable. Reste la grande inconnue de la personnalité de Donald Trump et de la place qu'il va laisser aux gens avec lesquels il va travailler.

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