Joe Biden élu 46e président des Etats-Unis, Donald Trump conteste le résultat... Ce qu'il faut retenir de l'élection américaine

Après quatre jours de suspense, le démocrate a passé la barre des 270 grands électeurs nécessaires pour remporter la course à la Maison Blanche.

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Les candidats à la présidentielle américaine, Joe Biden et Donald Trump, le 4 novembre 2020, lors de leur prise de parole respective après l'élection. (ANGELA  WEISS / AFP)

La fin du suspense. Joe Biden a finalement été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle américaine, samedi 7 novembre, après s'être imposé en Pennsylvanie et dans le Nevada. Un succès que le président sortant Donald Trump refuse de reconnaître et conteste en justice, alors que les résultats se font encore attendre dans trois Etats. Voici ce qu'il faut retenir à ce stade du scrutin.

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Joe Biden remporte l'élection au bout du suspense

Après quatre jours d'une longue attente liée au dépouillement des votes par correspondance, la Pennsylvanie a apporté le dénouement de la présidentielle américaine, samedi. Les 20 grands électeurs de cet Etat de la "Rust Belt" ont été attribués à Joe Biden, dans la matinée, après que le démocrate a passé la barre de 0,5 point d'écarts avec Donald Trump. Sous ce seuil, il y aurait eu un recomptage automatique des voix.

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Pour l'emporter, un candidat doit obtenir le soutien d'au moins 270 des 538 grands électeurs du collège électoral. Un cap que Joe Biden a passé samedi grâce à ses victoires en Pennsylvanie, puis dans le Nevada. Dimanche matin, heure des Etats-Unis, le démocrate comptait donc 290 grands électeurs, contre 214 pour Donald Trump.

Donald Trump vainqueur dans 23 Etats pour le moment

Le président sortant a pour l'instant ravi quatre Etats clés (la Floride, l'Iowa, l'Ohio, et le Texas), ainsi que l'Alabama, l'Arkansas, la Caroline du Sud, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, l'Idaho, l'Indiana, le Kansas, le Kentucky, la Louisiane, le Mississippi, le Missouri, le Montana, le Nebraska, l'Oklahoma, le Tennessee, l'Utah, la Virginie-Occidentale et le Wyoming.

Joe Biden vainqueur dans 24 Etats pour le moment

Le candidat démocrate a lui aussi pour l'instant ravi l'Arizona, la Californie, le Colorado, le Connecticut, le Delaware, Hawaï, l'Illinois, le Maine, le Maryland, le Massachusetts, le Michigan, le Minnesota, le Nevada, le New Hampshire, le New Jersey, le Nouveau-Mexique, New York, l'Etat de Washington, l'Oregon, la Pennsylvanie, Rhode Island, le Vermont, la Virginie, le Wisconsin. A ces Etats s'ajoute le district de Columbia.

Trois Etats encore attendus

On ignorait toujours, dimanche 8 novembre à midi (aux Etats-Unis), le nom du vainqueur de l'élection dans trois Etats : la Caroline du Nord, l'Alaska et la Géorgie. Dans ce dernier Etat, les autorités ont annoncé vendredi qu'elles procéderaient à un nouveau compte des votes, car les résultats étaient trop serrés entre les deux candidats. Dimanche à midi, Joe Biden continuait de creuser l'écart et comptait 10 000 voix d'avance sur Donald Trump, selon le New York Times*. Quelque 22 000 bulletins doivent encore être dépouillés dans cet Etat.

La carte des résultats, Etat par Etat, à la date du 8 novembre à midi (heure des Etats-Unis). (FRANCEINFO)

En Caroline du Nord (15 grands électeurs), le républicain a environ 75 000 voix d'avance sur son adversaire. Mais le nom du vainqueur ne sera pas annoncé tout de suite : plus de 100 000 votes par correspondance doivent être encore dépouillés, selon l'agence AP. Et ce chiffre pourrait encore grimper, car un vote envoyé le 3 novembre peut être comptabilisé tant qu'il est reçu par les services électoraux locaux avant le 12 novembre.

Il faudra également patienter pour connaître le résultat définitif dans l'Alaska. Les premiers résultats donnent près de 30 points d'avance à Donald Trump sur son adversaire, mais seuls la moitié des bulletins ont été dépouillés. L'Etat ne dévoilera pas les résultats du vote anticipé avant le 10 novembre. Il y a toutefois peu de suspense sur la couleur des trois grands électeurs : depuis qu'il est devenu un Etat en 1959, l'Alaska n'a voté qu'une seule fois pour un démocrate.

Un taux de participation record

Le chiffre officiel n'est pas encore connu, mais les données disponibles laissent déjà entrevoir une participation jamais vue aux Etats-Unis, à plus de 66%. En effet, plus de 100 millions d'électeurs avaient déjà voté de manière anticipée, par voie postale ou en personne dans des bureaux ouverts à l'avance. C'est trois fois plus qu'en 2016. Un record qui a contribué à rallonger les opérations de dépouillement.

Mardi matin, quatre Etats avaient déjà dépassé leur taux de participation de 2016, avant même d'avoir ouvert leurs bureaux de vote : Texas, Hawaï, Washington DC et Montana.

Des électeurs dans un bureau de vote à Atlanta (Géorgie), le 3 novembre 2020.  (JESSICA MCGOWAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Par ailleurs, Joe Biden est devenu le candidat ayant recueilli le plus de voix lors d'une élection présidentielle américaine. Vendredi 6 novembre, il avait déjà obtenu 74,5 millions de suffrages, contre 70,4 millions pour Donald Trump. Le précédent record avait été établi par Barack Obama en 2008 avec 69,5 millions de voix.

L'Ohio ne choisit pas le vainqueur, pour la première fois depuis 1960

Il est normalement considéré comme un "baromètre" de l'élection présidentielle. Cette fois, c'est raté. Comme en 2016, Donald Trump a remporté cet Etat du Midwest, avec 8 points d'avance sur son adversaire démocrate. C'est donc la première fois depuis 1960 que l'Ohio ne choisit pas le candidat qui entrera à la Maison Blanche.

Pour un politologue interrogé par la radio locale WOSU*, cela signifie qu'il ne fait désormais plus partie des "swing States", les Etats clés qui déterminent l'issue de cette élection. "Les futures batailles pour la présidence ont très peu de chances de se jouer dans l'Ohio", estime David Niven, professeur à l'université de Cincinnati.

Joe Biden appelle le pays à se "rassembler"

Joe Biden a prononcé son discours de victoire, samedi 7 novembre dans la soirée, depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware. Arrivé sur scène au petit trot, au son de "We take care of our own" ("Nous prenons soin des nôtres") de Bruce Springsteen, le président élu s'est engagé à travailler "pour tout le peuple""Je promets d'être un président qui n'essaie pas de diviser, mais de rassembler. Qui ne voit pas des Etats républicains et démocrates, mais seulement les Etats-Unis."

"Si vous avez voté pour Donald Trump, j'ai perdu des élections par le passé, je comprends votre peine, a déclaré le démocrate. Le moment est venu de se laisser une chance, d'oublier cette rhétorique brutale." Joe Biden a également appelé les Américains à ne plus traiter leurs "opposants comme des ennemis", estimant que "le temps est venu de panser les plaies de l'Amérique".

Kamala Harris devient la première femme vice-présidente des Etats-Unis

Une victoire historique. Kamala Harris est devenue la première femme et la première personne noire à accéder à la vice-présidence des Etats-Unis. "La victoire de Harris se produit 55 ans après que le Voting Rights Act a aboli les lois empêchant les Noirs de voter, 36 ans après la première candidature d'une femme sur le ticket présidentiel et quatre ans après que les démocrates ont été dévastés par la défaite d'Hillary Clinton, la seule femme à gagner l'investiture pour la présidentielle d'un parti majeur", souligne le Washington Post*.

La vice-présidente élue Kamala Harris prononce son discours de victoire à Wilmington, dans le Delaware, le 7 novembre 2020. (JIM WATSON / AFP)

La vice-présidente élue n'a pas manqué de le rappeler lors de son discours de victoire prononcé à Wilmington, samedi soir. "Je pense aux femmes, noires, indiennes, latinas, amérindiennes (…) qui ont tracé le chemin pour que nous en soyons là aujourd'huia déclaré cette pionnièreQuelle preuve de tempérament de la part de Joe Biden, d'avoir l'audace de briser l'une des barrières les plus conséquentes de notre pays en choisissant une femme pour être vice-présidente. Je suis peut-être la première femme à occuper ce poste, mais je ne serai pas la dernière."

Donald Trump conteste les résultats...

Donald Trump a appris les résultats de l'élection alors qu'il jouait en golf en Virginie. De retour à la Maison Blanche, il a fait savoir qu'il ne s'exprimerait pas face à la presse. Le président sortant a toutefois contesté la victoire de son adversaire dans un communiqué publié en fin de matinée. "Nous savons tous pourquoi Joe Biden se précipite pour se présenter faussement en vainqueur et pourquoi ses alliés dans les médias tentent avec autant d'efforts de l'aider : ils ne veulent pas que la vérité éclate", a-t-il écrit. 

Estimant que "cette élection est loin d'être terminée", Donald Trump a promis de porter dès lundi de nouveaux recours "devant les tribunaux pour s'assurer que les lois électorales [soient] pleinement respectées". Puis il a réitéré, toujours sans la moindre preuve, ses accusations de fraude électorale sur Twitter. "J'ai gagné l'élection avec 71 millions de votes légaux", a affirmé le président sortant dans la soirée, dans un message écrit en majuscules.

Les avocats du républicain ont donné le coup d'envoi de sa contre-offensive juridique samedi après-midi, en donnant une conférence de presse dans l'Etat clé de Pennsylvanie. Un détail cocasse a attiré l'attention des spectateurs et des internautes : contrairement à ce qu'avait laissé entendre le président sortant, l'événement n'était pas organisé dans un prestigieux hôtel mais sur le parking d'un paysagiste, coincé entre un crématorium et un sex-shop.

L'avocat du président Donald Trump, Rudy Giuliani, s'adresse aux médias depuis le parking d'un paysagiste, le 7 novembre 2020, à Philadelphie (Pennsylvanie). (CHRIS MCGRATH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

... Et retourne jouer au golf

Joe Biden travaillait dimanche à la mise en place, dès le lendemain, d'un groupe de travail chargé d'élaborer un plan de lutte contre la pandémie de Covid-19 à mettre en œuvre dès le jour de son investiture, en janvier prochain. Donald Trump, lui, s'est rendu dans son golf de Sterling (Virginie) pour le deuxième jour consécutif.

Sur le trajet, le président sortant a pu apercevoir des Américains brandissant des pancartes hostiles. La veille, de nombreux habitants de Washington et d'autres grandes villes du pays étaient descendues dans la rue, pour chanter, danser et célébrer dans la bonne humeur la victoire du candidat démocrate.

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